Femme asiatique faisant léviter un cristal bleu lumineux par télékinésie au-dessus de sa main.

Télékinésie : définition, histoire et ce que la science a vraiment mesuré

La télékinésie est la capacité supposée de faire bouger un objet à distance, sans le toucher, par la seule intention. Le mot vient du grec têle, « à distance », et kinêsis, « mouvement ». Les chercheurs parlent plus volontiers de psychokinésie (ou psychokinèse), abrégée en PK.

Est-ce que ça existe ? Je vous réponds tout de suite. À ce jour, aucune expérience n’a montré de façon reproductible qu’un être humain pouvait déplacer un objet visible par la pensée, dans des conditions contrôlées. Des écarts minuscules ont bien été mesurés sur des machines à hasard, mais les grandes études récentes ne les retrouvent pas. Et pourtant, je pratique depuis plus de quinze ans, et j’interprète certaines de mes séances comme des effets réels. Ces deux constats tiennent ensemble, et ce guide sert à expliquer pourquoi.

Pour cette nouvelle version, je suis reparti des documents d’origine plutôt que de ce qui se recopie de site en site : la lettre de Michael Faraday au Times en 1853, le livre où le mot apparaît en 1890, les bilans du laboratoire de Princeton, la méta-analyse de 380 études publiée en 2006, les 12 571 personnes testées à Munich en 2018, les mesures d’un laboratoire indépendant français sur de petits mobiles tournants, et quelques rapports américains déclassifiés. En chemin, j’ai trouvé pas mal d’erreurs, y compris dans l’ancienne version de cette page. Je vous les signale au passage. C’est parti !

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Qu’est-ce que la télékinésie ?

La télékinésie désigne l’action supposée d’un esprit humain sur un objet physique, à distance, sans contact, sans outil et sans aucune force connue pour faire le lien. Le terme date de 1890 et appartient au vocabulaire de la parapsychologie. Son existence n’est pas démontrée scientifiquement : c’est une hypothèse étudiée depuis plus d’un siècle, pas un fait établi.

De quoi parle-t-on, concrètement ? De faire tourner un carré de papier posé en équilibre sur une aiguille, de faire pivoter un crayon, de dévier l’aiguille d’une boussole. Ce qui est rapporté dans la vraie vie, ce sont des mouvements lents, de quelques degrés, sur des objets de quelques grammes. On est très loin des voitures qui s’envolent au cinéma. Et c’est justement parce que ces mouvements sont minuscules qu’ils sont si difficiles à attribuer à l’esprit plutôt qu’à un simple courant d’air.

Définition de la télékinésie illustrée par une pomme qui semble flotter au-dessus de la main d'une femme
La télékinésie telle que tout le monde l’imagine : un objet qui flotte au creux de la main. Dans la réalité, on parle de quelques degrés de rotation sur un objet de quelques grammes.

La télékinésie en un coup d’œil

  • Définition : faire bouger un objet à distance, sans contact, par la seule intention
  • Étymologie : du grec têle (à distance) et kinêsis (mouvement)
  • Naissance du mot : 1890, en allemand puis en anglais ; 1893 en français
  • Synonymes : psychokinésie, psychokinèse, PK (plus rarement psychocinèse)
  • En anglais : telekinesis
  • Celui ou celle qui la pratique : un télékinésiste
  • Statut scientifique : non démontrée ; des micro-effets statistiques sont débattus depuis les années 1930
  • Ce qui est rapporté en pratique : des rotations lentes sur des objets très légers (roue psi, crayon, allumette)
  • À ne pas confondre avec : la télépathie, la clairvoyance, la téléportation

Télékinésie, psychokinésie, psychokinèse : quelle différence ?

Au quotidien, on emploie ces mots l’un pour l’autre, et personne ne vous en voudra. Wikipédia range même la télékinésie dans son article « Psychokinèse ».

Pour les chercheurs, la psychokinésie est plus large : elle couvre toute action supposée de l’esprit sur la matière. Un objet qui bouge, mais aussi une machine à hasard qui dévie, ou un organisme vivant qui réagit. La télékinésie n’en est qu’un cas particulier, celui du mouvement d’un objet à distance. Pensez aux poupées russes : la télékinésie est rangée à l’intérieur de la psychokinésie, jamais l’inverse.

Les chercheurs distinguent ensuite quatre familles. Cette distinction change tout quand on lit les études.

  • La micro-PK : l’influence supposée sur un système aléatoire invisible à l’œil nu, comme un générateur électronique de nombres au hasard. Rien ne bouge : on compte des écarts statistiques, sur des milliers d’essais.
  • La macro-PK : le déplacement d’un objet visible, par exemple une roue psi, un crayon ou une allumette. C’est celle que tout le monde imagine, et celle que l’on pratique sur Psytheos.
  • La bio-PK : l’action supposée sur le vivant (je détaille les études dans mon article sur la biokinésie).
  • La RSPK (recurrent spontaneous psychokinesis) : le nom savant du poltergeist, proposé en 1958 par les parapsychologues J. Gaither Pratt et William Roll. Des objets qui bougeraient dans une maison sans que personne ne cherche à les déplacer.
Infographie comparant la micro-psychokinésie, mesurée sur des générateurs aléatoires, et la macro-psychokinésie, qui vise à faire bouger un objet visible
Les deux familles les plus étudiées, et deux types de preuves : la micro-PK se mesure en statistiques, la macro-PK se voit à l’œil nu… et se truque beaucoup plus facilement. Infographie réalisée par mes soins.

Retenez bien cette nuance. Quand quelqu’un vous affirme que « la télékinésie a été prouvée en laboratoire », il parle presque toujours de micro-PK. Et même là, vous allez voir que c’est loin d’être aussi simple.

Télékinésie et télépathie : ne confondons pas tout

Google le montre bien : la télékinésie est souvent recherchée en même temps que d’autres phénomènes dits « psi », la télépathie en tête. La différence tient en une ligne. La télépathie concerne un échange d’information entre deux esprits, la télékinésie une action sur la matière. Pour le reste, voici le tableau que j’aurais aimé avoir quand j’ai commencé à lire sur le sujet.

TermeCe que ça désigneStatut scientifique
TélékinésieFaire bouger un objet à distance, par l’intentionNon démontrée
PsychokinésieToute action de l’esprit sur la matière (objets, machines, vivant)Micro-effets débattus, rien de démontré
TélépathieTransmettre ou percevoir une pensée sans passer par les sensNon démontrée
ClairvoyancePercevoir une information cachée ou lointaineNon démontrée
LévitationUn objet ou un corps qui flotte sans appuiRéelle en physique (aimants, ultrasons), jamais par l’esprit
PyrokinésieAgir sur le feu par la penséeNon démontrée (voir les « kinésies » plus bas)
TéléportationDisparaître d’un endroit pour réapparaître ailleursFiction : la « téléportation quantique » ne transporte que de l’information, jamais de matière
Télékinésie et phénomènes voisins : ce que recouvre chaque mot.

Ce que la télékinésie n’est pas

Trois confusions reviennent sans arrêt dans les messages que je reçois. Autant les régler maintenant.

  • Ce n’est pas un super-pouvoir. Personne ne soulève une voiture ni ne projette quelqu’un contre un mur. L’idée même de « pouvoir » fausse la pratique dès le départ, et j’ai expliqué en détail pourquoi la télékinésie n’est pas un pouvoir.
  • Ce n’est pas une interface cerveau-machine. Oui, on peut déjà déplacer un curseur ou un bras robotisé « par la pensée ». En 2006, la revue Nature décrivait un patient tétraplégique pilotant un curseur grâce à des électrodes implantées dans son cerveau. Neuralink a posé son premier implant humain en janvier 2024 et annonçait 21 personnes implantées deux ans plus tard. Mais dans tous ces cas, ce sont des électrodes, un ordinateur et un algorithme qui font le travail. C’est une prouesse d’ingénierie, pas de la télékinésie.
  • Ce n’est pas un tour de magie. Les illusionnistes font tourner des pailles et « léviter » des stylos depuis des décennies, avec un fil, un aimant, de l’électricité statique ou un souffle discret. Une vidéo spectaculaire de vingt secondes ne prouve rien.

La télékinésie existe-t-elle ? Ma réponse en deux temps

C’est la question que tout le monde pose en premier. Je la traite avant l’histoire.

Côté science, la réponse est : pas démontrée à ce jour. La télékinésie est testée en laboratoire, statistiques à l’appui, depuis les premiers lancers de dés de l’université Duke, en 1934. Aucune démonstration sur un objet visible n’a été reproduite par une équipe indépendante sous protocole strict. Sur les générateurs aléatoires, des écarts infimes ont été publiés, puis n’ont pas été retrouvés quand les études sont devenues plus grandes et plus strictes. Je détaille tout plus bas, chiffres à l’appui.

Côté pratique, beaucoup de gens voient pourtant un objet tourner. Moi le premier. La question honnête n’est donc pas « est-ce que ça bouge ? » (ça bouge, c’est filmé tous les jours), mais « qu’est-ce qui le fait bouger ? ». Et là, la physique ordinaire a beaucoup de candidats à proposer avant l’esprit.

AffirmationStatutPourquoi
Des causes ordinaires imitent la télékinésie (convection, statique, effet idéomoteur)ÉtabliMesuré et reproduit depuis Faraday, en 1853
On peut commander une machine par l’activité de son cerveauÉtabliAvec un implant et un ordinateur. C’est de l’électronique, pas une action directe de l’esprit
L’intention dévie légèrement des générateurs aléatoiresDébattu, en reculEnviron 1 bit sur 10 000 à Princeton, non retrouvé en 2000, ni à Munich en 2018 et 2021
Un être humain fait tourner un objet léger par la penséeNon démontréDes résultats publiés par une seule équipe, sans réplication indépendante
Un être humain lévite ou déplace un objet lourd par la penséeNon démontréAucun cas documenté sous contrôle
La physique quantique explique la télékinésieFauxL’« effet de l’observateur » désigne une mesure physique, pas le regard d’une conscience
Où en sont vraiment les preuves, en un coup d’œil.

Petite parenthèse sur ce que les gens en pensent. Aux États-Unis, l’université Chapman a posé la question dans son enquête sur les peurs des Américains : en 2018, 26 % des personnes interrogées se disaient d’accord avec l’idée que certaines personnes peuvent déplacer des objets par la pensée. Pour la France, je n’ai trouvé aucun sondage qui pose la question (la grande enquête Ifop de 2020 sur les parasciences ne la couvre pas).

Dans la suite de ce guide, je vous donne les faits et les sources, pour que vous puissiez juger vous-même.

Envie de vérifier par vous-même ?

Un objet de quelques grammes, un bocal, et une méthode pour écarter un par un les courants d’air, la chaleur des mains et l’électricité statique. La Formation Psytheos vous guide exercice après exercice, pour savoir ce que vous observez vraiment.

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D’où vient le mot « télékinésie » ? Des tables tournantes aux laboratoires

L’idée qu’un être humain puisse agir sur la matière sans la toucher est ancienne. Chamans, saints, yogis : d’innombrables traditions leur ont prêté cette faculté, bien avant qu’on cherche à la mesurer. Le mot, lui, est récent. Et son histoire commence par une mode de salon.

1853 : la folie des tables tournantes et le test de Faraday

Au printemps 1853, l’Europe se passionne pour les tables tournantes. On s’assoit en cercle, on pose les mains à plat sur un guéridon, et au bout de quelques minutes il se met à tourner. En mai, le magazine L’Illustration y consacre une grande gravure.

Gravure de 1853 montrant un salon parisien où plusieurs groupes d'invités posent les mains sur des guéridons pour les faire tourner
Un salon parisien en mai 1853, en pleine mode des tables tournantes : la gravure publiée par L’Illustration. Trois tablées, des mains posées à plat, et beaucoup de monde pour regarder. (Gravure d’Ange-Louis Janet, domaine public, via Wikimedia Commons.)

Le physicien britannique Michael Faraday décide de tester la chose. Son idée est toute simple : glisser sous les mains des participants un dispositif à levier, dont l’aiguille trahit la moindre poussée de côté. Résultat : d’après l’aiguille, ce sont les mains qui entraînent la table, et non l’inverse. Elles poussent sans que leurs propriétaires s’en rendent compte. Dans sa lettre du 28 juin 1853, publiée par le Times deux jours plus tard, il parle d’une action musculaire « quasi involontaire ».

Gravure de 1853 montrant quatre mains posées sur deux planchettes superposées reliées à une longue aiguille indicatrice
Le dispositif de Faraday, gravé par l’Illustrated London News le 16 juillet 1853 : deux planchettes sous les mains, et une longue aiguille qui amplifie le moindre glissement. Si l’aiguille part avant la table, ce sont les mains qui poussent. (Domaine public, via Wikimedia Commons.)

Petit détail que je trouve savoureux : la France avait un tour d’avance. Dès 1833, le chimiste Michel-Eugène Chevreul avait décrit, dans une lettre à Ampère, comment un pendule tenu à la main se met à osciller dès qu’on s’attend à le voir osciller. Et c’est le physiologiste William Carpenter qui a donné un nom au mécanisme, en 1852 : l’effet idéomoteur. Cet effet venait d’entrer dans l’histoire de la télékinésie. Il n’en est jamais ressorti.

1871 : Crookes, Home et les premiers instruments

En 1871, le chimiste William Crookes (il présidera la Royal Society bien plus tard, de 1913 à 1915) teste le célèbre médium Daniel Dunglas Home. Un accordéon enfermé dans une cage, une planche reliée à un peson : cette fois, les instruments de mesure entrent dans la séance d’un médium. Crookes publie ses comptes rendus dans le Quarterly Journal of Science et se dit convaincu. Ses collègues, beaucoup moins : la Royal Society refuse ses communications. Le débat est lancé pour de bon.

1890 : la naissance du mot (et ce qu’on lit de travers)

C’est dans ce contexte que naît le mot. Sur plusieurs sites francophones, vous lirez qu’il date de 1914, ou qu’il a été inventé « par un scientifique américain dans les années 1900 ». Les deux sont faux.

Le terme vient du chercheur russe Alexandre Aksakof, passionné de spiritisme, dans son livre Animismus und Spiritismus (1890). Je n’ai pu consulter que la deuxième édition, de 1894 : il y écrit « Telekinetie », qu’il glose par Fernwirken (action à distance), pour désigner les mouvements d’objets sans contact. En décembre 1890, le psychologue anglais Frederic Myers reprend l’idée dans les comptes rendus de la Society for Psychical Research et salue « le nouveau mot de M. Aksakof » (le passage est cité par l’Oxford English Dictionary). Les formes anglaises telekinetic et telekinesis passent par Myers. La paternité, elle, revient à Aksakof.

En français, la première attestation relevée par le Trésor de la langue française date de 1893, dans les Annales des sciences psychiques. L’idée était de disposer d’un terme neutre, qui décrive le phénomène sans présumer de sa cause.

« Psychokinésie » arrive plus tard. Le mot psychokinesis sert de titre à un chapitre du livre de l’éditeur américain Henry Holt, On the Cosmic Relations, en 1914 (c’est sans doute de là que vient la confusion de date). Il s’impose ensuite avec les travaux du Dr Joseph B. Rhine à l’université Duke, où les expériences commencent en 1934. À partir de là, on arrête de regarder des médiums dans le noir. On compte.

Avant d’aller plus loin, voici les grandes dates sur une seule frise. Gardez-la sous la main.

Frise chronologique de l'histoire de la télékinésie, des tables tournantes de 1853 au retrait du défi de Randi en 2015
Les grandes dates de la télékinésie, de Faraday au défi de Randi. En vert la recherche, en rouge les fraudes et les échecs sous contrôle, en violet les dates clés. Infographie réalisée par mes soins.

Ce que la science a vraiment mesuré

C’est ici que les articles en ligne se contredisent : les uns affirment que « la science a prouvé la télékinésie », les autres qu’« il n’y a jamais rien eu ». Les deux ont tort. Voici l’essentiel, dans l’ordre, avec les chiffres tels qu’ils figurent dans les publications.

Les dés de Rhine à l’université Duke (1934-1943)

En 1934, un jeune joueur passe au laboratoire du Dr Joseph B. Rhine, à l’université Duke, et affirme pouvoir influencer les dés quand il est « en veine ». Rhine le prend au mot : des milliers de lancers, où les participants doivent faire sortir une face choisie à l’avance. Il rapporte un léger excès de réussites, qu’il ne publiera avec son épouse Louisa qu’en 1943.

Le Dr Joseph B. Rhine de l'université Duke à côté d'une machine à lancer les dés utilisée pour tester la psychokinésie
Le Dr Joseph B. Rhine, à l’université Duke, avec une machine à lancer les dés. L’idée était simple : que la main du participant ne touche plus jamais les dés.

Les critiques tombent dru. En 1962, le psychologue Edward Girden passe ces travaux en revue dans le Psychological Bulletin : des dés imparfaits (sur un dé à points creusés, la face du six est un peu plus légère), des données regroupées de façon arrangeante, et un effet qui fond à mesure que les contrôles s’améliorent. En 1991, Dean Radin et Diane Ferrari reprennent tout le dossier : 148 études et 2,6 millions de lancers, de 1935 à 1987. Eux-mêmes, une fois retenues les seules expériences où les six faces étaient visées à tour de rôle (ce qui neutralise le biais des dés), ne parlent plus que d’un indice cumulé « faible ».

Rhine a tout de même fait sortir la télékinésie des salons de médiums pour la faire entrer dans les statistiques. C’est déjà énorme.

Les machines à hasard : de Helmut Schmidt au laboratoire PEAR

À la fin des années 1960, le physicien Helmut Schmidt remplace les dés par un générateur électronique piloté par la désintégration radioactive du strontium 90 : un pile ou face où la main n’intervient plus du tout. Puis, en 1979, Robert G. Jahn, doyen de la faculté d’ingénierie de Princeton, fonde le PEAR, où des volontaires tentent pendant près de trente ans de faire dévier ces machines par l’intention.

Le bilan publié en 1997 porte sur 91 opérateurs et environ 2,5 millions d’essais en douze ans. Résultat : un écart au hasard de l’ordre d’un « bit » sur dix mille. Minuscule, mais statistiquement significatif une fois cumulé.

Sauf qu’en 2000, un consortium réunissant le PEAR et deux instituts allemands (Fribourg et Giessen) refait l’expérience avec le même type de matériel et 227 opérateurs. L’écart mesuré est environ six fois plus faible, et plus du tout significatif. Les auteurs écrivent eux-mêmes que ce résultat trahit une compréhension insuffisante du phénomène. Le laboratoire ferme ses portes fin février 2007.

La méta-analyse de 2006 : 380 études passées au crible

En 2006, Holger Bösch, Fiona Steinkamp et Emil Boller publient dans le Psychological Bulletin une méta-analyse de 380 études sur ces générateurs. Je préfère vous donner les chiffres bruts, parce qu’ils disent tout.

  • Sur l’ensemble des études, le taux de réussite se situe entre 49,9997 % et 50,0035 % selon la méthode de calcul, pour 50 % attendus par hasard.
  • Le quart des études les plus petites affiche 51,99 %. Le quart des plus grandes, 49,9997 %.
  • Les trois plus grandes études, à elles seules, vont très légèrement à l’encontre de l’intention des participants.

Quand les petites études trouvent beaucoup et les grandes presque rien, c’est le signe classique d’un biais de publication : les expériences qui n’ont rien donné finissent au fond d’un tiroir. Selon la simulation des auteurs, environ 1 500 études jamais publiées pourraient, en principe, suffire à produire ce tableau. Dean Radin et ses collègues ont contesté cette lecture dans le même numéro de la revue. Le débat existe. On reste très loin d’une preuve.

Et depuis 2006 ? Les grandes études ne retrouvent rien

C’est la partie que je n’ai vue sur aucune des pages françaises que j’ai consultées, et c’est pourtant la plus importante. Depuis une quinzaine d’années, la psychologie a durci ses règles : pour être crédible, une étude doit annoncer à l’avance son hypothèse, sa taille et sa méthode d’analyse. La micro-PK a été testée à très grande échelle, puis avec ces nouvelles règles.

  • Munich, 2018. L’équipe de Markus Maier teste 12 571 personnes sur un générateur quantique, avec une règle d’arrêt fixée à l’avance. Taux de réussite : 50,02 %. L’analyse conclut que les données sont dix fois plus compatibles avec le hasard qu’avec un effet.
  • Munich, 2021. Une première étude semble montrer quelque chose. Les trois suivantes, annoncées à l’avance, portent sur plus de 12 000 participants et ne le retrouvent pas. En 2025, le même laboratoire a mis en ligne le bilan de toutes ses études depuis 2016 : pas d’effet global significatif (document non évalué par des pairs).
  • Double fente, 2019. Dean Radin avait publié en 2012 des expériences suggérant que l’attention des participants modifiait une figure d’interférence lumineuse. Une réplication menée par une autre équipe n’observe aucun des effets prédits… et trouve un « effet » dans une condition témoin où il n’y avait personne devant l’appareil. Radin a contesté cette lecture.
Infographie présentant six grandes études sur la micro-psychokinésie de 1997 à 2021, avec pour chacune sa taille, son résultat et son statut
Six jalons de la recherche sur la micro-PK, de Princeton à Munich : cinq sur des générateurs aléatoires, un sur la double fente. Aucun ne concerne un objet visible : on parle d’écarts statistiques sur des appareils. Infographie réalisée par mes soins.

Mon avis ? Un pratiquant honnête doit regarder ces résultats en face. La micro-PK était l’argument le plus solide en faveur d’une action de l’esprit sur la matière, et il s’est affaibli à mesure que les méthodes se durcissaient. Cela ne règle pas la question des objets visibles, qui est un autre sujet. Mais cela interdit d’écrire que « la science a prouvé la télékinésie ».

Et la télékinésie sur des objets visibles ?

Pour la macro-PK, le constat est plus sévère : je n’ai trouvé aucune démonstration reproduite de façon indépendante sous protocole strict. En 1988, le Conseil national de la recherche américain concluait qu’après 130 ans de recherches, rien ne justifiait scientifiquement l’existence des phénomènes parapsychologiques (les parapsychologues ont aussitôt contesté ce rapport).

Il existe pourtant des tentatives sérieuses, y compris en France. Le LAPDC (Laboratoire d’Anomalies Psychophysiques et Dissonances Cognitives), un groupe indépendant fondé en 2012, travaille sur de petites coupoles en plastique de 2 à 3 grammes posées sur une aiguille. Ce que j’apprécie chez eux, c’est qu’ils commencent par mesurer les causes ordinaires : ils filment les flux d’air au laser, avec de la fumée. Ils écrivent eux-mêmes que la convection est « l’hypothèse classique la mieux à même d’expliquer les observations » des pratiquants. Et l’une de leurs études va dans ce sens : en mars 2014, sur 66 personnes à qui l’on demandait simplement de poser la main à côté d’un mobile, 15 % ont observé une rotation de plus d’un demi-tour, sans corrélation significative avec leurs croyances.

Leurs résultats positifs, maintenant. Dans un article de 2020, l’équipe rapporte qu’un pratiquant a fait tourner une cible de 7 grammes (trois coupoles empilées) alors que l’air mesuré autour d’elle allait environ dix fois trop lentement pour l’entraîner. Au congrès 2024 de la Parapsychological Association, elle a présenté 24 expériences sous cloche de verre : 139 essais, 55 % de réussite. (L’ancienne version de cette page donnait d’autres chiffres, que je n’ai pas retrouvés dans leurs publications. Je m’en tiens à ceux que j’ai pu vérifier.)

C’est exactement le genre de montage que je défends. Mais soyons honnêtes sur ce qui manque : un seul pratiquant dans l’étude publiée, pas de test en aveugle, des résultats sous cloche présentés pour l’instant en congrès seulement, et aucune réplication par une autre équipe. Tant que ces cases ne sont pas cochées, c’est une piste. Pas une preuve.

Ce que disent vraiment les archives déclassifiées

« La CIA a étudié la télékinésie, donc elle existe. » Celle-là circule beaucoup. Les documents existent, et ils sont en ligne. Encore faut-il les lire.

En 1972, un rapport rédigé pour le renseignement militaire américain, Controlled Offensive Behavior – USSR, relaie ce que les Soviétiques affirment à propos de la médium Nina Kulagina (je vous la présente plus bas), jusqu’au cœur de grenouille qu’elle aurait arrêté à distance. C’est une synthèse de sources ouvertes, sans aucune vérification indépendante. En 1978, un autre rapport sur les pays du pacte de Varsovie ne parle déjà plus que d’une capacité « apparente ». En 1980, une note de l’armée américaine juge que la plupart des phénomènes de télékinésie sont des tours mis en scène, tout en citant un essai positif sur un générateur aléatoire. Et en 1995, quand le programme américain de « vision à distance » (celui qu’on appelle aujourd’hui Stargate) est évalué avant sa fermeture, c’est la statisticienne Jessica Utts, pourtant convaincue de la réalité de la vision à distance, qui résume d’une ligne les travaux menés au Stanford Research Institute : aucune preuve de psychokinésie.

Un document tamponné « secret » rapporte ce que quelqu’un affirme. Il ne le démontre pas. J’ai appliqué la même lecture, document par document, dans mon enquête sur Ingo Swann.

Le cerveau produit-il assez d’énergie pour faire bouger un objet ?

Tôt ou tard, tout pratiquant se pose la question. Le cerveau produit bien de minuscules champs électriques et magnétiques, ceux que mesurent l’EEG et la MEG. Mais son champ magnétique se compte en femtoteslas : il est au moins vingt-cinq millions de fois plus faible que le champ terrestre qui oriente votre boussole. Et il décroît très vite avec la distance. À trente centimètres de votre front, un crayon ne reçoit rien de mesurable.

Quant à la physique quantique, l’« effet de l’observateur » y désigne l’effet d’une mesure (une interaction entre un appareil et une particule), pas le regard d’une conscience. Vous avez vu plus haut ce qu’a donné la tentative de le vérifier.

C’est pourquoi je trouve malhonnête de présenter la télékinésie comme « expliquée par la science ». Si elle existe, elle ne passe par aucune force connue aujourd’hui. Ironie de l’histoire : la seule chose que votre corps envoie vraiment vers l’objet quand vous tendez les mains, c’est de la chaleur. Et c’est justement le piège numéro un.

Pourquoi un objet semble bouger tout seul (et comment ne pas se faire avoir)

Voici la section qui vous fera gagner le plus de temps si vous comptez pratiquer un jour. Une roue psi posée sur une aiguille, c’est un objet en équilibre instable, qui ne demande qu’à bouger. N’importe quoi peut la faire tourner. Y compris vous… mais pas forcément par la pensée.

Image schlieren montrant le panache d'air chaud qui s'élève d'une main humaine
La chaleur d’une simple main, rendue visible par imagerie schlieren. Cet air chaud qui monte, c’est ce que vous envoyez vers votre roue psi quand vous tendez les mains, que vous le vouliez ou non. (Image : Dr Gary Settles, Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 3.0.)

Pour vous donner un ordre de grandeur : en 2012, deux membres du club sceptique tchèque Sisyfos ont calculé qu’il suffit d’environ 0,15 microwatt pour entretenir la rotation d’une roue de 0,2 gramme, alors qu’une main dégage entre 0,5 et 1 watt de chaleur. Seule une petite partie de cette chaleur peut se transformer en mouvement (5 % au grand maximum, d’après leur calcul). Il en reste quand même des centaines de milliers de fois plus qu’il n’en faut. Ce n’est pas une publication scientifique, et je vous le donne pour ce que c’est : un calcul de coin de table. Il va pourtant dans le même sens que ce que le LAPDC écrit sur la convection.

Les 6 causes ordinaires qui imitent la télékinésie

  1. Les courants d’air : une porte, une fenêtre mal jointe, un radiateur, une ventilation. Même porte fermée, l’air passe sous le battant. Un souffle que vous ne sentez pas sur la peau suffit largement à faire pivoter un carré de papier.
  2. La convection de vos mains : votre peau est plus chaude que l’air de la pièce. L’air se réchauffe à son contact et monte, en permanence. Approchez les mains d’une roue psi, et vous créez vous-même le petit courant qui la fait tourner.
  3. L’électricité statique : un pull en laine, une moquette, un air sec, et votre main se charge. Si la roue part d’un coup, vite et par saccades dès que vous approchez, pensez statique avant de penser télékinésie.
  4. Les vibrations du support : celle-là, je l’ai apprise à mes dépens. Un bureau léger, un parquet qui travaille, et quand je changeais d’appui sur ma chaise, l’objet frémissait. J’ai noté plusieurs séances de « résultats » avant de comprendre que c’était moi qui faisais trembler la table.
  5. Le souffle et les micro-gestes : une respiration dirigée sans le vouloir, un doigt qui frôle la table, une pression infime. C’est l’effet idéomoteur mis en évidence par Chevreul puis par Faraday, celui qui fait aussi bouger les pendules et les planches de ouija.
  6. Vos yeux et vos attentes : fixez longtemps un petit point immobile dans une pièce sombre, et il finira par sembler bouger. C’est l’effet autocinétique, bien connu des psychologues. Ajoutez une grosse envie que ça marche, et votre cerveau voit du mouvement là où il n’y en a pas.
Infographie des six causes ordinaires qui font tourner une roue psi, du montage sous bocal qui les limite et de trois ordres de grandeur chiffrés
Les six causes à écarter, et le montage qui en élimine l’essentiel. Si vous ne deviez garder qu’une image de cet article, ce serait celle-là. Infographie réalisée par mes soins.

Et les vidéos de télékinésie sur YouTube ou TikTok ?

Tapez « télékinésie » dans Google : les premières vidéos proposées sont des tutoriels… de magiciens. Ce n’est pas un hasard. Presque tous les effets viraux reposent sur une poignée de procédés : un souffle discret, un fil invisible, un aimant caché sous la table, une paille chargée d’électricité statique, ou un montage bien coupé. Et depuis l’arrivée de l’intelligence artificielle, une vidéo peut être entièrement fabriquée.

Ma règle est simple. Sans film continu, sans matériel fourni et contrôlé par quelqu’un d’autre, et sans bocal, une vidéo reste une anecdote. Je passe en revue les trucages les plus courants dans mon guide sur la lévitation.

Le réflexe qui élimine la plupart des faux positifs

La solution est d’une simplicité désarmante : mettre l’objet sous un bocal, ou sous un verre retourné. Le bocal coupe les courants d’air, arrête le souffle et bloque l’essentiel de la convection de vos mains. Ajoutez un support bien stable, une vidéo en continu, et quelques minutes d’observation sans aucune intention avant chaque séance, pour savoir comment l’objet se comporte tout seul.

Attention, le bocal n’est pas magique. Le verre finit lui aussi par se réchauffer si vos mains restent collées contre lui, et il recrée alors une petite convection à l’intérieur. Il ne vous protège pas non plus à coup sûr de l’électricité statique. Gardez vos distances.

Ce n’est pas glamour, je vous l’accorde. Mais c’est toute la différence entre constater et croire. Chaque support a ses propres pièges : je les détaille pour l’eau dans mon article sur l’hydrokinésie, et pour l’air dans celui sur l’aérokinésie.

Écarter les faux positifs, ça s’apprend.

Courants d’air, chaleur des mains, électricité statique : la Formation Psytheos vous donne des repères anti-illusion pour les écarter, test sous bocal compris. Chaque exercice indique sa durée, la posture et ses indicateurs de réussite.

Des exercices détaillés, du débutant à l’avancé.

Les cas célèbres de télékinésie (et ce qu’il en reste)

Maintenant que vous connaissez les pièges, vous pouvez relire autrement les grandes affaires. Impossible de parler de télékinésie sans évoquer les personnalités qui ont fait sa réputation et, disons-le, qui l’ont souvent abîmée. Je résume ici les principaux dossiers. Pour plusieurs d’entre eux, j’ai mené une enquête complète ailleurs sur le site : inutile de tout refaire ici.

Les médiums : Palladino, Tomczyk, Kulagina

Eusapia Palladino (1854-1918) est la médium la plus étudiée de son époque : tables soulevées, rideaux qui bougent, objets qui volent. À Paris, de 1905 à 1908, l’Institut général psychologique lui consacre 43 séances, auxquelles assistent Pierre et Marie Curie. D’après les synthèses que j’ai pu lire (je n’ai pas eu accès au rapport lui-même), le compte rendu final met côte à côte des mouvements enregistrés par des instruments et des fraudes constatées. Elle a aussi été prise en flagrant délit de tricherie, à Cambridge en 1895 puis aux États-Unis en 1909-1910. C’est un schéma qu’on retrouvera sans cesse : quand le contrôle se resserre, les phénomènes s’évaporent.

Photographie d'époque d'une séance d'Eusapia Palladino, la table soulevée du sol devant plusieurs observateurs
Une séance d’Eusapia Palladino en 1898, table soulevée devant les observateurs. Tout se joue sous la table, là où personne ne regarde. (Photo : H. Mairet, domaine public.)

Stanisława Tomczyk, médium polonaise, est étudiée en 1908-1909 par le psychologue Julian Ochorowicz. Sur ses photographies, de petits objets semblent flotter entre ses mains. Ochorowicz y voit des « rayons rigides ». Les sceptiques, un fil.

Stanisława Tomczyk, médium polonaise, avec une paire de ciseaux qui semble flotter entre ses mains
Stanisława Tomczyk et ses ciseaux « flottants », vers 1909. Un fil apparaît sur plusieurs de ses photographies, et dès juin 1910 l’illusionniste William Marriott reproduisait ce genre d’effet avec un fil caché, dans le Pearson’s Magazine.

Nina Kulagina (1926-1990) a été filmée pendant des années en URSS en train de déplacer des allumettes, une aiguille de boussole ou de petits objets placés sous une cloche transparente. Deux chercheurs occidentaux, Gaither Pratt et Jürgen Keil, l’ont observée chez elle et ont publié leurs notes en 1973. Accusée de fraude par une revue soviétique, elle obtient en partie gain de cause devant la justice à la fin des années 1980, faute de preuve directe de tricherie. Mais il n’existe ni test en aveugle ni réplication indépendante. C’est à mes yeux le dossier qui résiste le mieux, et je le détaille dans mon enquête sur Nina Kulagina.

Nina Kulagina tentant de déplacer une boîte d'allumettes placée sous une boîte transparente
Nina Kulagina et une boîte d’allumettes, isolée sous une enceinte transparente. Déjà à l’époque, l’enceinte servait à écarter les courants d’air. Elle n’écarte pas un fil ou un aimant bien caché.

Les vedettes de la télévision : Geller, Girard, Hydrick

  • Uri Geller (né en 1946) : la star mondiale des cuillères tordues. Testé au Stanford Research Institute en 1972-1973, il a eu droit à un article dans la revue Nature en octobre 1974… qui portait sur la transmission d’informations, pas sur la télékinésie. Et le 1er août 1973, sur le plateau du Tonight Show, avec du matériel qu’il n’avait pas préparé lui-même, il n’a rien obtenu. Tout est dans mon dossier sur Uri Geller.
  • Jean-Pierre Girard : le « Geller français » des années 1970, célèbre pour ses barres de métal tordues. Le 19 janvier 1978, lors d’un test dont le prestidigitateur Gérard Majax avait coécrit une partie du protocole, il ne se passe rien de paranormal. Je donne mon avis sur Jean-Pierre Girard dans un article dédié.
  • James Hydrick : au tout début des années 1980, cet Américain fait tourner des crayons et des pages d’annuaire « par la pensée » à la télévision. L’illusionniste James Randi se contente d’entourer l’annuaire de petits morceaux de polystyrène, qui s’envoleraient au moindre souffle. Plus rien ne bouge. Hydrick reconnaîtra ensuite qu’il soufflait.

Si vous pratiquez sur une roue psi, retenez l’histoire de Hydrick. Le souffle est le trucage le plus simple du monde. Et il fonctionne aussi très bien quand il est involontaire.

Le projet Alpha : deux magiciens dans un laboratoire

S’il y a une histoire à connaître pour comprendre pourquoi la télékinésie est si difficile à étudier, c’est celle-là. En 1979, l’université Washington de Saint-Louis ouvre un laboratoire de recherche psychique, grâce à un don de 500 000 dollars de l’industriel James McDonnell. Deux jeunes « sujets doués » se présentent : Steve Shaw et Michael Edwards, 18 et 17 ans. Pendant plus de deux ans, ils tordent des cuillères, font bouger des objets sous cloche, perturbent des appareils. Les chercheurs sont impressionnés (sans jamais publier, il faut le dire, qu’ils tenaient une preuve).

Sauf que les deux garçons sont des illusionnistes, envoyés par James Randi. Détail qu’on oublie souvent : Randi avait écrit au laboratoire dès le départ pour lui proposer une liste de précautions contre la fraude. Le 28 janvier 1983, lors d’une conférence de presse à New York, il révèle tout.

Ce que j’en retiens, moi, ce n’est pas que les chercheurs étaient naïfs. C’est qu’un doctorat de physique ne protège pas d’un tour de passe-passe. Pour tester sérieusement la télékinésie, il faut un protocole verrouillé, et quelqu’un dans la pièce qui connaît les ficelles des magiciens.

Les défis à un million : personne n’a gagné

James Randi a proposé pendant des décennies une récompense à quiconque démontrerait un phénomène paranormal dans des conditions acceptées à l’avance par les deux parties. Le prix a fini par atteindre un million de dollars, avant que sa fondation ne mette fin au défi en 2015. D’après les chiffres habituellement cités, plus d’un millier de candidats s’y sont essayés. Aucun n’a franchi le test préliminaire.

En France, le physicien Henri Broch, Gérard Majax et le scientifique belge Jacques Theodor ont porté de 1987 à 2002 le Défi zététique international, doté au final de 200 000 euros. Même résultat (je raconte son histoire, et celle de ses candidats « télékinésistes », dans mon article sur Gérard Majax). Un défi du même genre existait encore aux États-Unis lors de ma dernière vérification, en octobre 2026 : celui du CFI Investigations Group, à Los Angeles.

Vous pouvez penser ce que vous voulez de ces défis, et certains parapsychologues les jugent mal conçus. Ils posent quand même une question légitime : si un effet est réel, pourquoi disparaît-il dès qu’on le regarde de près ?

Comment la télékinésie fonctionnerait, selon les pratiquants

Là, on change de registre, et je tiens à le dire clairement : ce qui suit n’est pas une explication scientifique. C’est le modèle de travail que les pratiquants, moi compris, utilisent pour s’entraîner. Un peu comme un musicien parle de « sentir » un morceau, sans que ce soit une notion de physique.

  • L’intention : une direction claire et calme, plutôt qu’une volonté crispée. On ne « pousse » pas l’objet avec la tête.
  • La connexion : avant même le mouvement, établir une forme de lien avec l’objet. C’est pour cela que je n’aime pas les mots « maîtriser » ou « manipuler » : dans ma pratique, on n’impose rien à l’objet, on interagit avec lui.
  • La visualisation : voir le mouvement se produire, en détail, avant qu’il se produise.
  • Le calme : la tension bloque tout. Les meilleures séances se font détendu, jamais dans l’effort.
Illustration d'une jeune femme qui tend les mains vers une tasse qui semble flotter dans les airs
Intention, connexion, visualisation : c’est le modèle que les pratiquants utilisent pour s’entraîner. Un outil de pratique, pas une loi de la physique.

Beaucoup de pratiquants décrivent aussi la télékinésie comme un « canal » qui s’ouvre avec l’entraînement, et recommandent de s’appuyer sur l’énergie ambiante plutôt que de « puiser » dans la sienne. C’est une image qui aide énormément à pratiquer détendu. Mais c’est une image, pas une mesure.

Et même dans l’hypothèse où tout s’expliquerait un jour par des causes ordinaires, ces séances entraînent quelque chose de bien réel : votre capacité à rester concentré, calme et attentif pendant de longues minutes. Ce n’est pas rien.

Les différents types de télékinésie (et leur statut réel)

Sur les forums et dans la fiction, la télékinésie s’est ramifiée en toute une famille de « kinésies », une par élément ou presque. Attention : c’est une classification de pratiquants et d’auteurs, pas une classification scientifique, et aucune n’a été démontrée sur un objet extérieur. Certaines touchent en revanche à des effets bien réels sur le corps de celui qui pratique. Ils relèvent de la physiologie et n’ont rien de paranormal.

  • La télékinésie proprement dite, sur des objets solides et légers : roue psi, crayon, allumette. C’est la forme d’origine, et celle par laquelle je conseille de commencer.
  • La pyrokinésie : interagir avec une flamme déjà allumée. Le mot a été popularisé par Stephen King avec son roman Charlie (Firestarter), en 1980. Allumer un feu par la seule pensée relève de la pure fiction.
  • L’hydrokinésie : agir sur l’eau. Le support le plus tentant, et le plus piégeux, à cause des micro-bulles et de la tension de surface.
  • L’aérokinésie : agir sur l’air. Le mode difficile, puisque l’air d’une pièce bouge en permanence.
  • La cryokinésie : agir sur le froid. Physiquement, refroidir un objet est bien plus difficile que le réchauffer.
  • L’électrokinésie : influencer un champ électrique ou un appareil. Aucune donnée sérieuse à ce jour.
  • La biokinésie : agir sur le vivant. La régulation de son propre corps est documentée ; changer la couleur de ses yeux ou sa taille ne l’est absolument pas.
  • La lévitation : elle existe bel et bien en physique (aimants, ultrasons, supraconducteurs), mais jamais pour un corps humain par la seule pensée.
Infographie des différents types de télékinésie : pyrokinésie, hydrokinésie, aérokinésie, cryokinésie, biokinésie, électrokinésie et lévitation, avec leur statut scientifique
La famille des « kinésies » et ce que dit la science pour chacune. En vert, ce qui est documenté mais relève de la physiologie ou de la physique ordinaire, jamais d’une action de l’esprit sur un objet. Infographie réalisée par mes soins.

Mon conseil, si vous débutez : commencez par un objet solide et léger. L’eau, l’air et le froid sont des supports passionnants, mais bien trop bavards pour un débutant. Les causes ordinaires y sont presque impossibles à écarter.

La télékinésie dans la fiction : sa meilleure publicité, son pire malentendu

Si la télékinésie fascine autant, c’est aussi parce qu’elle est partout dans la fiction. Et depuis longtemps.

  • En littérature : Carrie de Stephen King (1974), adapté au cinéma par Brian De Palma en 1976, où une adolescente humiliée se venge par la pensée. Et Matilda de Roald Dahl (1988), en version beaucoup plus tendre.
  • Au cinéma : Star Wars et la Force des Jedi, depuis 1977, ou Chronicle (2012), où trois lycéens découvrent leurs capacités.
  • En bande dessinée et en animation : Jean Grey dans les X-Men (dès 1963), Akira de Katsuhiro Ōtomo (le manga en 1982, le film en 1988) ou Mob Psycho 100.
  • Côté séries : Onze dans Stranger Things. J’ai vérifié point par point ce qui est inspiré du réel dans le personnage d’Onze.
  • Dans les jeux : Psychonauts (2005), Control (2019), ou le sort « Télékinésie » de Skyrim et de Donjons & Dragons.
Anakin Skywalker faisant flotter un fruit par télékinésie dans Star Wars
Anakin Skywalker et son fruit qui flotte, dans Star Wars. Dans cette saga, la Force permet la télékinésie… et demande, elle aussi, des années d’entraînement.

Petite anecdote : je le vois jusque dans les statistiques de Psytheos. À la sortie de la saison finale de Stranger Things, fin 2025, les recherches qui mènent à ce site ont nettement grimpé.

Le problème, c’est que ces œuvres montrent toutes la même chose : des objets qui volent, de la colère, du spectaculaire. La réalité, c’est quelqu’un d’assis calmement devant un bout de papier sous un bocal. Beaucoup de débutants abandonnent pour cette raison. Ils attendaient le film.

Peut-on apprendre la télékinésie ?

On peut s’y entraîner, oui, comme on s’initie à la méditation ou à un instrument : avec de la régularité, une méthode et beaucoup de patience. Ce que personne ne peut vous garantir, c’est le résultat. Et encore moins sa vitesse.

Concrètement, une séance ressemble à ceci : une pièce calme, portes et fenêtres fermées, un objet très léger sous un bocal, quelques minutes de respiration pour se poser, puis dix à quinze minutes d’intention détendue. Et un carnet pour tout noter. Rien de plus.

Les exercices pour débuter

  • L’exercice de la pyramide, aussi appelé roue psi : un carré de papier ou d’aluminium plié en pyramide, posé en équilibre sur une aiguille. C’est l’objet de référence pour débuter.
  • L’exercice du crayon : faire pivoter un crayon posé à plat. Plus difficile, parce que la friction ne pardonne rien.
  • La méditation et la visualisation, qui ne font rien bouger directement, mais qui installent le calme sans lequel il ne se passe rien.
Une femme assise à son bureau, concentrée sur une pyramide en papier utilisée pour apprendre la télékinésie
Une séance d’entraînement typique : un bureau, une pyramide en papier, du calme. Pour qu’elle soit vraiment utile, il ne manque qu’une chose sur cette image : le bocal.

Si vous partez de zéro, je vous ai préparé un tutoriel complet : la télékinésie pour les débutants. Tous les autres exercices sont regroupés sur la page exercices de télékinésie. Et si vous préférez lire avant de pratiquer, j’ai trié 21 livres sur la télékinésie.

Un dernier conseil qui paraît étrange, mais que je donne à tous les apprenants : filmez-vous. Revoir sa séance « à froid », le lendemain, change tout. Vous repérez vos propres gestes, le souffle qui part vers l’objet, la main qui s’approche un peu trop… Et vous suivez vos progrès pour de vrai, pas de mémoire.

Une roue psi en aluminium posée sur une aiguille plantée dans une gomme, sur une table en bois
Une roue psi en aluminium sur son aiguille : le montage le plus simple qui soit, et le plus sensible au moindre souffle. Avant de vous réjouir d’un mouvement, demandez-vous toujours ce qu’aurait fait la roue sans vous.

Restez à l’écoute de votre corps

Une séance courte, où l’on se concentre calmement sur un petit objet, ne présente à ma connaissance aucun risque particulier. Rester crispé trop longtemps, en revanche, peut se payer. Certains débutants décrivent ce qu’on surnomme un « burnout psychique » : maux de tête, pression dans les tempes, coup de fatigue soudain après une séance. D’après les retours que je reçois, la cause est presque toujours la même. Ils ont forcé.

  1. Hydratez-vous et reposez-vous : un verre d’eau avant et après la séance, et jamais de pratique quand vous êtes épuisé.
  2. Arrêtez au premier mal de tête : une séance qui fait mal est une séance ratée, point. Insister ne vous fera rien gagner.
  3. Visez le calme, pas le chronomètre : dix minutes posées valent mieux qu’une heure à serrer les dents. Comme l’a très bien résumé Noémie en commentaire : ne soyez pas obsessionnel.

Et si la pratique commence à prendre trop de place, à vous isoler ou à vous obséder, faites une pause. Une pratique saine enrichit votre quotidien. Elle ne le remplace pas.

Mon avis après plus de quinze ans de pratique

On me demande souvent ce que j’en pense, moi, personnellement. Alors voilà, sans détour.

La télékinésie est entrée dans ma vie à 14 ans, l’année d’une expérience que je n’explique toujours pas (je la raconte dans l’histoire de Psytheos). Mon premier essai, c’était une pyramide en aluminium posée sur une aiguille. Deux heures et demie à la regarder, sans les mains, puis quelques degrés de rotation. Pas un miracle, pas un super-pouvoir : juste un petit mouvement. Et un sourire d’adolescent que je revois encore très bien.

Au début des années 2010, j’ai rejoint une communauté de pratiquants, PsiTk, qui avait son forum à l’époque. J’y ai passé des heures à comparer mes essais avec ceux des autres. Et j’ai gardé l’habitude prise dès mes débuts : tout noter. Les séances, les conditions, et surtout les échecs.

Ma position, formulée avec précision

Je pratique la télékinésie, et j’interprète certaines de mes expériences comme des effets réels. Mais mon interprétation n’est pas une démonstration scientifique. Je peux vous raconter ce que j’ai vécu. Je ne peux pas vous le prouver.

Ce que je constate, année après année, dans ma pratique comme chez les pratiquants que j’accompagne, ce sont des rotations lentes, sur des objets très légers, qui continuent d’apparaître quand on élimine une à une les causes ordinaires, bocal compris. C’est modeste. Mais c’est, à mes yeux, exactement ce qui mériterait d’être étudié sérieusement : avec des séances témoins, des tests en aveugle et des équipes indépendantes.

Et je préfère le dire moi-même plutôt que de vous laisser le découvrir ailleurs. Les grandes études de Munich ne portent pas sur ce que je pratique. Mais elles montrent ce qui arrive à un effet fragile quand on le teste à grande échelle, et je ne vois aucune raison de penser que la roue psi y échapperait par principe. C’est précisément pour ça qu’il faut tester proprement.

Ce que je ne vous promettrai jamais : faire léviter votre corps, déplacer un objet lourd à volonté, ou « débloquer un pouvoir » en trois jours. Je n’ai jamais vu ça, et quiconque vous le vend vous raconte une histoire.

J’irai même plus loin. Je préfère mille fois un pratiquant qui doute et qui note ses échecs à un pratiquant qui « y croit dur comme fer » et ne filme que ses réussites. Le premier progresse. Le second tourne en rond, souvent pendant des années.

Douter, noter, recommencer. Avec une méthode.

Si vous avez envie d’essayer pour de bon, la Formation Psytheos vous donne un cadre : des exercices guidés du débutant à l’expert, des objectifs hebdomadaires, les erreurs à éviter et des repères anti-illusion. Je ne vous garantis aucun résultat : seulement de quoi savoir ce que vous observez.

Accès immédiat, sans abonnement.

En conclusion

La télékinésie, c’est l’idée qu’un esprit peut faire bouger un objet sans le toucher. Le mot a plus de 130 ans, l’idée est bien plus ancienne. À ce jour, son existence n’est pas démontrée : les écarts mesurés sur les générateurs aléatoires n’ont pas résisté aux grandes études récentes, et aucun déplacement d’objet visible n’a été reproduit de façon indépendante sous protocole strict. La science a en revanche parfaitement identifié tout ce qui peut vous tromper.

De mon côté, je continue de pratiquer, de noter et de douter. Si ce sujet vous attire, explorez-le avec curiosité, et gardez toujours cette petite question en tête : « et si ce n’était pas moi ? »

Et vous, vous avez déjà essayé ? Plutôt pyramide en papier, plutôt crayon, ou vous découvrez le sujet aujourd’hui ? Racontez-moi en commentaire, je réponds à chacun. Et si vous voulez creuser, toutes mes ressources sur la télékinésie sont réunies ici.

Questions fréquentes à propos de la télékinésie

Sources et références : comment j’ai trié les documents

Sur la télékinésie, beaucoup de pages se recopient les unes les autres, erreurs comprises. J’ai donc classé les sources de ce guide selon leur nature, en mêlant volontairement les travaux favorables et les travaux critiques, et en précisant ce que je n’ai pu lire que de seconde main. À vous de leur accorder le poids qu’elles méritent.

1. L’origine des mots

Aksakof, A. N. (1890 ; 2e éd. 1894). Animismus und Spiritismus. Leipzig : Oswald Mutze. Internet Archive.
Le livre où apparaît « Telekinetie ». Je n’ai pu consulter que la deuxième édition.

A New English Dictionary on Historical Principles (première édition de l’Oxford English Dictionary), article « Tele- ». Texte en ligne.
Cite Myers, Proceedings of the Society for Psychical Research, décembre 1890 : c’est lui qui attribue le mot à Aksakof.

Trésor de la langue française informatisé, article « Télékinésie ». Texte en ligne.
Première attestation en français : 1893, Annales des sciences psychiques.

Holt, H. (1914). On the Cosmic Relations. Boston : Houghton Mifflin. Internet Archive.
Le chapitre XIV s’intitule « Psychokinesis ». Un dictionnaire étymologique en ligne donne 1904, sans référence : je n’ai pas pu trancher.

2. Les causes ordinaires : tables tournantes, effet idéomoteur, convection

Faraday, M. (1853). Lettre au Times datée du 28 juin, publiée le 30 juin 1853, puis « Experimental investigation of table-moving », The Athenaeum, 2 juillet 1853, p. 801-803. Correspondance de Faraday, projet Epsilon.
Le test qui a mis en évidence la poussée inconsciente des mains.

Carpenter, W. B. (1852). « On the influence of suggestion in modifying and directing muscular movement, independently of volition ». Proceedings of the Royal Institution of Great Britain, 1, 147-153.
L’origine de l’expression « effet idéomoteur ». Référence reprise de la notice de la Wellcome Collection, texte non relu.

Chevreul, M.-E. (1833). « Lettre à M. Ampère sur une classe particulière de mouvements musculaires ». Revue des Deux Mondes ; puis De la baguette divinatoire, du pendule dit explorateur et des tables tournantes (1854). Internet Archive.
Le pendule qui oscille quand on s’attend à le voir osciller, vingt ans avant Faraday.

Jelínek, L. et Pekárek, L. (2012). « Egely wheel debunked », club sceptique tchèque Sisyfos.
Les ordres de grandeur sur la roue psi et la chaleur de la main. Article associatif, non évalué par des pairs.

Craven, B. A. et Settles, G. S. (2006). « A computational and experimental investigation of the human thermal plume ». Journal of Fluids Engineering, 128(6), 1251-1258.
La vitesse de l’air chaud au-dessus d’un corps humain (0,24 m/s au maximum). Chiffre repris d’un article qui cite cette étude.

Hämäläinen, M., Hari, R., Ilmoniemi, R. J., Knuutila, J. et Lounasmaa, O. V. (1993). « Magnetoencephalography: theory, instrumentation, and applications to noninvasive studies of the working human brain ». Reviews of Modern Physics, 65(2), 413-497.
Pour les ordres de grandeur des champs magnétiques produits par le cerveau (de 10 femtoteslas à 1 picotesla).

3. Dés et générateurs aléatoires

Rhine, L. E. et Rhine, J. B. (1943). « The psychokinetic effect: I. The first experiment ». Journal of Parapsychology, 7, 20-43.
Les premiers tests de dés publiés, neuf ans après le début des expériences.

Girden, E. (1962). « A review of psychokinesis (PK) ». Psychological Bulletin, 59(5), 353-388.
La critique de référence des expériences de dés. Je la résume d’après ce qu’en disent Bösch et ses collègues (2006).

Radin, D. I. et Ferrari, D. C. (1991). « Effects of consciousness on the fall of dice: A meta-analysis ». Journal of Scientific Exploration, 5(1), 61-83.
148 études de dés, 2,6 millions de lancers. Auteurs favorables à l’hypothèse psi.

Jahn, R. G., Dunne, B. J., Nelson, R. D., Dobyns, Y. H. et Bradish, G. J. (1997). « Correlations of random binary sequences with pre-stated operator intention: A review of a 12-year program ». Journal of Scientific Exploration, 11(3), 345-367.
Le bilan du laboratoire PEAR : 91 opérateurs, environ 2,5 millions d’essais.

Jahn, R. G. et al. (2000). « Mind/Machine Interaction Consortium: PortREG replication experiments ». Journal of Scientific Exploration, 14(4), 499-555.
La réplication à trois laboratoires qui n’a pas retrouvé l’effet.

Bösch, H., Steinkamp, F. et Boller, E. (2006). « Examining psychokinesis: The interaction of human intention with random number generators. A meta-analysis ». Psychological Bulletin, 132(4), 497-523.
La méta-analyse de référence. Chiffres relevés dans le manuscrit des auteurs.

Radin, D., Nelson, R., Dobyns, Y. et Houtkooper, J. (2006). « Reexamining psychokinesis: Comment on Bösch, Steinkamp, and Boller (2006) ». Psychological Bulletin, 132(4), 529-532.
La réponse des chercheurs favorables à l’hypothèse psi, dans le même numéro.

Maier, M. A., Dechamps, M. C. et Pflitsch, M. (2018). « Intentional observer effects on quantum randomness: A Bayesian analysis reveals evidence against micro-psychokinesis ». Frontiers in Psychology, 9, 379.
12 571 participants, 50,02 % de réussite, données en faveur du hasard.

Dechamps, M. C. (2025). Bilan de l’ensemble des études de micro-PK du laboratoire de Munich, 2016-2025.
Effet global non significatif. Document mis en ligne par l’auteur, non évalué par des pairs.

Dechamps, M. C., Maier, M. A., Pflitsch, M. et Duggan, M. (2021). « Observer dependent biases of quantum randomness: Effect stability and replicability ». Journal of Anomalous Experience and Cognition, 1(1-2), 114-155.
Une première étude positive, puis trois études pré-enregistrées qui ne la confirment pas.

Radin, D. et al. (2012). « Consciousness and the double-slit interference pattern: Six experiments ». Physics Essays, 25(2), 157-171. Et von Stillfried, N. et Walleczek, J. (2019). « False-positive effect in the Radin double-slit experiment on observer consciousness ». Frontiers in Psychology, 10, 1891.
L’expérience de la double fente et la réplication qui trouve un « effet » sans participant.

4. Objets visibles, cas historiques et évaluations officielles

Crookes, W. (1874). Researches in the Phenomena of Spiritualism. Londres : J. Burns.
Reprend ses articles de 1871 sur Daniel Dunglas Home, avec les gravures de ses appareils.

Pratt, J. G. et Keil, H. H. J. (1973). « Firsthand observations of Nina S. Kulagina suggestive of PK upon static objects ». Journal of the American Society for Psychical Research, 67(4), 381-390.
Les observations de deux chercheurs occidentaux chez Nina Kulagina, hors de tout protocole en aveugle.

Targ, R. et Puthoff, H. (1974). « Information transmission under conditions of sensory shielding ». Nature, 251, 602-607.
L’article lié aux tests d’Uri Geller. Il porte sur la perception à distance, pas sur la télékinésie.

Druckman, D. et Swets, J. A. (dir.) (1988). Enhancing Human Performance: Issues, Theories, and Techniques. Washington : National Academy Press.
Le rapport du Conseil national de la recherche américain. Je cite sa conclusion d’après Utts (1991), Statistical Science, qui la reproduit avec sa page.

Dullin, E. et Jamet, D. (2018). « A methodology proposal for conducting a macro-PK test on light spinning objects, in a non-confined environment ». Journal of Scientific Exploration, 32(3), 514-554. Et (2020). « A portable bench for research on telekinetic effects on a spinning mobile and experimental results obtained with it ». Journal of Parapsychology, 84(2), 254-275.
Les deux articles du LAPDC. Le premier est purement méthodologique, le second porte sur un seul pratiquant.

LAPDC, site du laboratoire (consulté en octobre 2026), et programme de la 66e convention de la Parapsychological Association (Mérida, août 2024).
L’étude de mars 2014 sur 66 personnes et la phrase sur la convection (site du laboratoire), les 139 essais sous cloche (résumé de congrès). Rien de tout cela n’a été évalué par des pairs.

Randi, J. (1983). « The Project Alpha experiment ». The Skeptical Inquirer, été et automne 1983. Texte reproduit sur le site de Banachek (Steve Shaw).
Le projet Alpha raconté par celui qui l’a monté. À lire en sachant qui parle.

5. Archives déclassifiées américaines

Controlled Offensive Behavior – USSR, rapport ST-CS-01-169-72, juillet 1972 (document CIA-RDP96-00788R001300010001-7). Paraphysics R&D – Warsaw Pact, rapport DST-1810S-202-78, 30 mars 1978 (document NSA-RDP96X00790R000100020010-5).
Deux synthèses du renseignement militaire sur les recherches de l’Est. Elles rapportent des affirmations, elles ne les vérifient pas. Lues sur une copie miroir des PDF de la CIA.

Remote Perturbation Techniques, US Army Missile Command, 29 octobre 1980 (document CIA-RDP96-00788R002000230005-1).
La note qui juge que la plupart des démonstrations de télékinésie sont des tours mis en scène.

Mumford, M. D., Rose, A. M. et Goslin, D. A. (1995). An Evaluation of Remote Viewing: Research and Applications. American Institutes for Research (document CIA-RDP96-00791R000200180006-4).
L’évaluation finale du programme. La phrase sur l’absence de preuve de psychokinésie figure dans la contribution de Jessica Utts.

6. Chiffres d’aujourd’hui : sondage et interfaces cerveau-machine

Chapman University (2018). « Paranormal America 2018 », Survey of American Fears.
26,2 % d’Américains d’accord avec l’idée que certaines personnes déplacent des objets par la pensée.

Hochberg, L. R. et al. (2006). « Neuronal ensemble control of prosthetic devices by a human with tetraplegia ». Nature, 442, 164-171. Et Neuralink (2026). « Two years of Telepathy ».
Ce qu’on sait vraiment faire « par la pensée » : avec des électrodes et un ordinateur.

7. Crédits des illustrations

« Un salon de Paris au mois de mai 1853 » : gravure d’Ange-Louis Janet, L’Illustration, 1853, domaine public. Dispositif de Faraday : The Illustrated London News, 16 juillet 1853, domaine public.
Via Wikimedia Commons. Recadrées.

Séance d’Eusapia Palladino (1898) : H. Mairet, domaine public. Stanisława Tomczyk (vers 1909) : photographe inconnu, domaine public.
Via Wikimedia Commons.

Panache thermique d’une main : Dr Gary Settles, Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 3.0.
Redimensionnée.

Infographies « Micro ou macro », frise chronologique, « Micro-PK : ce que les grandes études ont trouvé », « Les 6 causes ordinaires » et « La famille des kinésies » : créations originales Psytheos.
Libres de reprise avec un lien vers cette page.

💬 Les commentaires des lecteurs

  1. J’espère qu’un jour la science pourra prouvé l’existence de la télékinésie !!! Surtout qu’ils commencent déjà a admettre l’existence de l’âme et d’autres voies liées aux énergies…

    1. Bonjour Alexandre, et merci pour votre message.

      Je partage l’espoir, mais je vais être franc sur un point, parce que c’est important.

      Non, malheureusement la science n’a rien admis concernant l’âme. Il existe des recherches sérieuses sur la conscience, sur les expériences de mort imminente, sur l’influence de l’intention.

      Mais ce sont des travaux en cours, discutés, sans consensus. La phrase « les scientifiques commencent à reconnaître » circule beaucoup sur les réseaux, et elle est presque toujours une déformation d’une étude isolée.

      Ce qui existe vraiment, c’est plus modeste et plus intéressant : des méta-analyses sur l’influence mentale, avec des effets réels statistiquement mais minuscules, et qui s’affaiblissent quand les protocoles se resserrent.

      Je détaille tout ça, chiffres à l’appui, dans mon article « la télékinésie existe-t-elle ? » à cet endroit : https://psytheos.com/la-telekinesie-existe-t-elle/

      Et c’est justement parce que le sujet est fragile qu’il faut être plus rigoureux que les autres, pas moins. Chaque affirmation exagérée donne des munitions à ceux qui veulent balayer le domaine d’un revers de main.

      Teddy

  2. J’ai aimé le côté “ok, arrête de faire ça n’importe comment”.
    Avant je faisais des sessions longues en mode obsession. Mauvaise idée. Là j’ai fait simple : 7-8 minutes, je coupe, je reviens plus tard ou le lendemain. Et je prépare un minimum (respirer, me poser, pas juste arriver comme un chien fou).

    Résultat : pas plus de “gros effets”, mais je suis beaucoup moins frustré. Et bizarrement, quand je m’en fiche un peu du résultat, je suis plus stable et j’observe mieux ce qui se passe.

    1. C’est exactement ça, Noémie ! 🧘‍♀️

      Vous avez mis le doigt sur le secret numéro 1. Car, l’obsession ainsi que la frustration, agissent comme un véritable « frein à main » en télékinésie.

      Un format court de 10 – 15 minutes est idéal pour débuter. Cela permet de conserver une qualité de concentration maximale (ce que vous appelez à être « plus stable ») sans épuiser vos ressources mentales.

      C’est le fameux paradoxe. C’est souvent quand on arrête de vouloir « forcer » le résultat que la connexion se fait naturellement.

      Je vous invite à continuer avec cette approche détendue, c’est la voie royale pour progresser durablement. 🙂

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