Chercher un livre de télékinésie, ça revient presque toujours à poser trois questions : est-ce qu’il existe un ouvrage réellement sérieux sur le sujet, est-ce qu’un bouquin peut vous apprendre à faire bouger un objet, et comment éviter de payer 20 € pour 40 pages de vide.
Je vous réponds tout de suite, sans détour. Non, il n’existe aujourd’hui aucun livre, ni en français ni en anglais, qui vous apprendra à déplacer un objet. En revanche, il existe une douzaine d’ouvrages qui valent vraiment leur prix, à condition de savoir ce que vous allez y chercher. Et il en existe beaucoup, beaucoup plus qui ne valent absolument rien.
Dans cet article, je vous donne ma sélection commentée, mon avis honnête sur les titres les plus vendus, ma grille pour juger un bouquin en trois minutes debout dans une librairie, et l’ordre de lecture que je conseille aux pratiquants. Allons-y !
La réponse courte, avant tout le reste
Si vous n’avez que deux minutes, voici l’essentiel. Chaque profil a son point d’entrée, et ce n’est pas du tout le même ouvrage selon ce que vous cherchez.
| Ce que vous cherchez | L’ouvrage que je conseille | Pourquoi celui-là |
|---|---|---|
| Comprendre les bases, sans y passer un mois | Philippe Wallon, Le paranormal (PUF, « Que sais-je ? ») | 128 pages, une dizaine d’euros, écrit par un chercheur. Le format parfait pour se faire une idée. |
| Les études, les chiffres, les protocoles | Dean Radin, La conscience invisible (J’ai Lu, poche) | La synthèse la plus lisible des recherches expérimentales, y compris sur la psychokinèse. |
| Progresser concrètement dans la pratique | Aymeric Guillot, Les pouvoirs insoupçonnés de la visualisation (Solar, 2024) | Ce n’est pas un livre sur le sujet. Et c’est précisément pour ça qu’il fonctionne. Je l’explique plus bas. |
| Arrêter de se raconter des histoires | Georges Charpak et Henri Broch, Devenez sorciers, devenez savants (Odile Jacob) | Un prix Nobel de physique qui démonte les trucages. Inconfortable, indispensable. |
Voilà. Si vous partez maintenant avec ces quatre titres, vous avez déjà 90 % de la valeur de cet article. Pour le reste, ce qui suit va vous éviter pas mal d’achats regrettables, parce qu’un livre de télékinésie sur dix mérite qu’on sorte sa carte bancaire.
Ce qu’un livre peut vous apporter (et ce qu’il ne fera jamais)
Avant même de parler de titres, il faut mettre une chose au clair. Parce que c’est là que 80 % des déceptions se jouent.

L’illusion de comprendre, ce piège que personne ne voit venir
En 2002, deux chercheurs de Yale, Leonid Rozenblit et Frank Keil, ont publié une étude devenue célèbre en sciences cognitives. Ils ont demandé à des participants de noter, de 1 à 7, à quel point ils comprenaient le fonctionnement d’objets banals : une fermeture éclair, une chasse d’eau, un hélicoptère.
Les notes étaient élevées. Puis on leur a demandé d’écrire l’explication complète, étape par étape. Et là, les notes se sont effondrées. Les auteurs ont appelé ça l’illusion de profondeur explicative.
Pourquoi je vous raconte ça ? Parce que c’est exactement ce qui se produit quand vous refermez un chapitre intitulé « comment fonctionne la psychokinèse ». Vous avez la sensation nette d’avoir compris. Vous vous asseyez devant votre pyramide le soir même, et il ne se passe strictement rien.
Ce n’est pas que le livre était mauvais. C’est que la sensation de comprendre et la capacité de faire sont deux choses complètement différentes. Et notre cerveau confond les deux en permanence.
Ce que dit la recherche sur l’entraînement mental
Là, par contre, il y a une bonne nouvelle. Et elle est solide.
En 1994, Driskell, Copper et Moran ont publié dans le Journal of Applied Psychology une méta-analyse sur la pratique mentale, c’est-à-dire le fait de répéter une action dans sa tête sans la faire physiquement. Résultat : l’effet sur la performance réelle est positif et statistiquement significatif. Ce n’est pas une croyance de coach, c’est mesuré.
Mais, et c’est un gros mais, les auteurs relèvent deux limites que je trouve capitales pour nous. D’abord l’effet est modeste. Ensuite il décroît avec le temps écoulé entre l’entraînement mental et le moment où vous passez à l’action.
Traduction concrète pour un pratiquant : lire un chapitre sur la visualisation le dimanche et pratiquer le jeudi suivant, ça ne sert pas à grand-chose. Lire vingt pages puis faire dix minutes de séance dans la foulée, ça change tout. C’est exactement ce que je répète depuis des années à ceux qui me demandent par où commencer, et c’est aussi ce que suggère la recherche sur la pratique délibérée d’Anders Ericsson : ce qui construit une compétence, c’est un entraînement structuré avec un retour d’information, pas l’accumulation de lectures.
Mon expérience : le carnet pèse plus lourd que le chapitre
Je vais être franc avec vous. J’ai un rayon entier consacré à ce sujet chez moi. Une trentaine d’ouvrages, certains achetés vingt euros, d’autres dénichés à deux euros dans une brocante un dimanche matin. Sur les trente, il y en a peut-être six que je rouvre encore aujourd’hui.
Et il y a une chose qui m’a plus fait progresser que les vingt-quatre autres réunis : un carnet à spirale à 1,50 €, dans lequel je note la date, l’heure, la durée, l’objet utilisé, mon état mental et ce que j’ai observé. Rien de plus.
Une lectrice m’a écrit l’an dernier pour me dire qu’elle avait dévoré quatre livres en trois semaines… sans avoir fait une seule séance. Elle avait l’impression de « ne pas être encore prête ». Cela peut paraître étrange, mais c’est extrêmement fréquent. La lecture devient une façon très confortable de repousser le moment où l’on va devoir affronter un objet qui ne bouge pas.
Retenez donc cette règle, elle vaut tout le reste de l’article : un livre prépare la séance, il ne la remplace jamais. Si vous n’avez encore jamais pratiqué, commencez par lire mon guide pour les débutants et faites votre première séance ce soir. Vous lirez après, vous comprendrez dix fois mieux.
Les 3 rayons d’une bibliothèque qui tient debout
Après des années à acheter, lire, revendre et parfois jeter, j’ai fini par organiser tout ça en trois rayons. Pas par thème, pas par auteur : par fonction. Chaque rayon répond à un besoin précis, et il en manque forcément un chez la plupart des gens.

- Le rayon « comprendre » : l’histoire réelle, les protocoles, ce qui a été mesuré et ce qui ne l’a pas été. C’est ce qui vous évite de répéter des bêtises entendues sur TikTok.
- Le rayon « entraîner » : l’attention, l’image mentale, la respiration. La seule partie qui se transfère vraiment à votre pratique.
- Le rayon « douter » : zététique, illusionnisme, biais cognitifs. Le garde-fou. Sans lui, vous finirez par prendre un courant d’air pour une réussite.
Un pratiquant qui n’a que le premier rayon devient un encyclopédiste qui ne pratique pas. Un pratiquant qui n’a que le deuxième s’entraîne à l’aveugle. Et un pratiquant qui n’a que le troisième… et bien il ne pratique pas du tout, il se contente de ricaner. Il faut les trois.
Rayon 1 : comprendre le phénomène et son histoire réelle
Petite précision avant de commencer. Aucun de ces ouvrages n’est un manuel d’entraînement. Ce sont des livres de compréhension. Si vous cherchez d’abord à savoir de quoi on parle exactement, mon guide complet couvre déjà les définitions, les types et l’histoire du concept. Les livres ci-dessous, eux, vont beaucoup plus loin sur le versant expérimental.
Dean Radin, La conscience invisible (Presses du Châtelet, 2000 ; poche J’ai Lu, 2006)

C’est le point d’entrée que je recommande le plus souvent. Titre original : The Conscious Universe. Radin est docteur en psychologie, ingénieur de formation, et chercheur à l’Institute of Noetic Sciences en Californie.
Ce que vous y trouvez : une explication très claire du raisonnement statistique en parapsychologie, les grandes méta-analyses, et un traitement sérieux de la psychokinèse sur générateurs aléatoires. C’est le livre qui m’a fait comprendre pourquoi un effet minuscule peut être statistiquement énorme.
Ce que vous n’y trouvez pas : le moindre exercice. Zéro. C’est un livre de données, pas de pratique.
Mon avis honnête : Radin est clairement engagé du côté « le psi existe », et il faut le lire en le sachant. Ce n’est pas un défaut en soi, c’est un positionnement. Mais lisez-le en gardant un œil critique, et surtout lisez-le en parallèle d’un ouvrage du rayon 3. Le poche coûte une poignée d’euros, c’est le meilleur rapport qualité-prix de toute cette liste. L’Institut Métapsychique International le classe d’ailleurs parmi les titres fortement conseillés de son approche expérimentale.
Du même auteur, deux autres traductions existent : Superpouvoirs (InterEditions, 2014) et Real Magic (Guy Trédaniel, 2020). Personnellement, je les trouve nettement moins rigoureux que le premier. Commencez par La conscience invisible.
Robert Jahn et Brenda Dunne, Aux frontières du paranormal (Éditions du Rocher, 1991)

Voilà un ouvrage que peu de gens connaissent en France, et c’est bien dommage. C’est la traduction de Margins of Reality, écrit par Robert Jahn, doyen de la faculté d’ingénierie de Princeton, et Brenda Dunne, qui a dirigé le laboratoire PEAR pendant toute son existence.
Autrement dit : ce ne sont pas des commentateurs qui racontent les expériences de Princeton. Ce sont les personnes qui les ont conçues et menées.
Ce que vous y trouvez : le détail des protocoles, la façon dont les données ont été traitées, et une réflexion théorique sur le rôle de la conscience dans les systèmes physiques. C’est exigeant, parfois technique, mais c’est du matériau de première main.
Où le trouver : il est épuisé depuis longtemps, à chercher d’occasion. Si vous lisez l’anglais, la suite existe et elle est plus complète : Consciousness and the Source of Reality: The PEAR Odyssey (ICRL Press, 2011), qui fait le bilan des vingt-huit années du laboratoire.
Si le programme PEAR ne vous dit rien du tout, j’en ai détaillé les résultats et les critiques dans mon article sur l’existence de ces phénomènes. Lisez-le d’abord, ça vous fera gagner du temps sur le livre.
Mario Varvoglis, La rationalité de l’irrationnel (InterEditions, 1992)

Varvoglis a travaillé au laboratoire des rêves du Maimonides Medical Center à New York avant de prendre la direction de l’Institut Métapsychique International, la seule institution française de recherche dans ce domaine, reconnue d’utilité publique depuis 1923.
Pourquoi je l’aime bien : c’est probablement l’introduction francophone la plus posée qui existe. Pas de sensationnalisme, pas de promesse, juste une présentation méthodique de ce que la recherche expérimentale a produit. Écrit avec la collaboration de Christine Hardy.
Le bémol : il date de 1992 et il est épuisé. Vous le trouverez d’occasion entre 10 et 25 € selon l’état. Le même auteur a signé un ouvrage plus grand public avec Marie-Monique Robin, Le sixième sens, paranormal et science (Éditions du Chêne, 2003), plus illustré et plus accessible si le premier vous semble trop dense.
Renaud Evrard, Enquête sur 150 ans de parapsychologie (Trajectoire, 2016)

480 pages, dix ans de travail, et le Prix du livre de la Parapsychological Association en 2017. Renaud Evrard est docteur en psychologie et maître de conférences habilité à diriger des recherches à l’Université de Lorraine. Ce n’est pas un blogueur, c’est un universitaire en poste.
Ce que vous y trouvez : l’histoire française de la discipline, à travers dix chercheurs, dont Pierre Curie et Charles Richet, tous deux prix Nobel. Archives, correspondances, échanges avec les descendants. C’est de l’histoire des sciences, du vrai travail de fond.
Mon avis : c’est le livre que je conseille à ceux qui me disent « de toute façon aucun scientifique sérieux ne s’est jamais penché là-dessus ». On y découvre que la France a été un centre majeur de cette recherche, et que le sujet a été traité par des gens autrement plus qualifiés que les influenceurs d’aujourd’hui. Disponible neuf, comptez une vingtaine d’euros.
Philippe Wallon, Le paranormal (PUF, collection « Que sais-je ? »)

128 pages, format poche, une dizaine d’euros. Wallon est médecin et chercheur, et il a signé également Expliquer le paranormal chez Albin Michel.
Franchement, si vous ne devez acheter qu’un seul livre pour commencer et que vous n’êtes pas sûr d’accrocher au sujet, prenez celui-là. Le format « Que sais-je ? » impose une concision qui fait un bien fou dans un domaine où tout le monde délaye. Vous le lisez en deux soirées et vous savez de quoi vous parlez.
Les deux titres francophones qui approchent le plus notre sujet

Et là, je dois vous dire quelque chose qui va peut-être vous surprendre. En français, il n’existe pratiquement rien qui soit consacré spécifiquement à l’action de l’esprit sur la matière. Deux auteurs sortent du lot, et ils figurent tous les deux dans la bibliographie officielle de l’Institut Métapsychique International :
- René Pérot, L’effet PK ou l’action de l’esprit sur la matière (Tchou, 1977, collection PSI). Le seul titre francophone dont l’objet est exactement le nôtre, de la première à la dernière page. Épuisé depuis presque cinquante ans, mais il circule encore d’occasion pour une vingtaine d’euros.
- Hans Bender, professeur à l’université de Fribourg et fondateur de l’institut allemand de référence dans ce domaine. L’IMI cite son Télépathie, Clairvoyance, Psychokinèse (Alsatia, 1980). Autant vous le dire franchement : ce titre-là est un fantôme. Je l’ai cherché sur toutes les plateformes de livres anciens, en France, au Royaume-Uni, en Allemagne, et je n’ai jamais réussi à en voir ne serait-ce qu’une photo. Celui que vous trouverez vraiment, c’est L’Univers de la parapsychologie (Dangles, 1976, collection Horizons psi), dont le sous-titre annonce la couleur : télépathie, clairvoyance, psychokinésie, rêves paranormaux, médiums et maisons hantées. 158 pages, une dizaine d’euros d’occasion.
Les deux sont épuisés depuis des décennies. Vous les trouverez sur les plateformes de livres anciens, ou en consultation à la bibliothèque de l’IMI à Paris. Je vous préviens : le vocabulaire a vieilli et certains passages sont datés. Mais ce sont des documents, et à ma connaissance il n’y a rien eu d’équivalent en français depuis. C’est un vide éditorial assez incroyable quand on y pense.
Si vous lisez l’anglais : les quatre incontournables

C’est là que ça devient frustrant. Parce que l’essentiel du fonds sérieux sur la psychokinèse n’a jamais été traduit. Si vous vous débrouillez en anglais, voici ce qui existe de mieux.
- Harvey Irwin et Caroline Watt, An Introduction to Parapsychology (McFarland, 5e édition, 2007). Le manuel universitaire de référence, avec un chapitre entier sur la psychokinèse. Caroline Watt enseigne à la Koestler Parapsychology Unit de l’université d’Édimbourg. C’est aride, c’est carré, c’est fiable.
- Stephen Braude, The Limits of Influence: Psychokinesis and the Philosophy of Science (Routledge, 1986). Braude est philosophe, ancien président de la Parapsychological Association. Il défend l’idée que les preuves qualitatives, notamment celles de la médiumnité physique du XIXe siècle, méritent d’être prises au sérieux. Exigeant, brillant, discutable. Le meilleur livre pour muscler votre raisonnement.
- John Hasted, The Metal-Benders (Routledge & Kegan Paul, 1981). Hasted dirigeait le département de physique du Birkbeck College à Londres. Il a placé des capteurs à l’intérieur de barres métalliques pour mesurer la force appliquée lors de tentatives de torsion. C’est le seul ouvrage entier consacré à des expériences instrumentées de ce type. À lire absolument avec les critiques à côté : Hasted a soutenu Uri Geller, et ce genre de démonstration s’est très mal comporté en conditions contrôlées, comme je l’explique dans mon article sur Jean-Pierre Girard.
- Iris Owen et Margaret Sparrow, Conjuring Up Philip (Harper & Row, 1976), traduit sous le titre Philip, le fantôme (Québec/Amérique, 1979). Un groupe de Toronto invente de toutes pièces un fantôme, avec une biographie fausse et volontairement truffée d’erreurs, puis obtient des coups frappés et des mouvements de table. C’est l’un des documents les plus troublants qui soient sur le rôle du groupe, de l’attente collective et de l’ambiance. Il devrait être lu par tous les pratiquants, sincèrement.
J’ajoute un cinquième titre pour les curieux : Louisa Rhine, Mind Over Matter: Psychokinesis (Macmillan, 1970). C’est le bilan des expériences de lancers de dés menées à l’université Duke, par celle qui les a vécues de l’intérieur. Historiquement précieux.
Rayon 2 : les ouvrages qui entraînent réellement quelque chose
Alors là, accrochez-vous, parce que je vais dire quelque chose qui va faire grincer des dents dans la communauté.
Les meilleurs livres pour progresser en pratique ne sont pas dans le rayon paranormal. Ils sont au rayon sport et neurosciences.
Pourquoi ? Et bien parce que ce que vous devez développer, concrètement, ce sont trois choses : une attention stable, une image mentale nette et une respiration calme. Or ces trois compétences sont étudiées depuis quarante ans par des laboratoires de préparation mentale et de neurosciences cognitives, avec des protocoles, des mesures et des résultats. Pendant ce temps, la plupart des « guides de télékinésie » se contentent de vous dire « visualisez l’objet qui bouge ». Merci, très utile.
Aymeric Guillot, Les pouvoirs insoupçonnés de la visualisation (Solar, 2024)

Aymeric Guillot est professeur à l’Université Claude Bernard Lyon 1, chercheur en neurosciences appliquées aux sciences du sport depuis plus de vingt ans, et auteur de plus de cent cinquante articles dans des revues internationales.
Ce que vous y trouvez : une synthèse des travaux récents sur l’imagerie mentale, la distinction entre imagerie visuelle et imagerie kinesthésique (celle où vous ressentez le mouvement au lieu de le voir), et une approche structurée pour construire une image mentale qui serve à quelque chose. Le tout écrit pour des sportifs, donc avec un vrai souci d’application concrète.
Pourquoi c’est capital pour nous : la visualisation est le cœur de l’exercice, que ce soit sur la pyramide ou sur le crayon. Et pourtant, presque personne ne l’entraîne comme une compétence à part entière. On la traite comme un ingrédient magique, alors que c’est une aptitude qui se muscle, se mesure et se dégrade quand on ne s’en sert pas.
Personnellement, c’est l’achat qui a le plus changé ma façon de préparer une séance ces dernières années. Et ça n’a rien à voir avec le paranormal.
Jean-Philippe Lachaux, Le cerveau attentif (Odile Jacob, 2011)

Lachaux est directeur de recherche à l’Inserm, au Centre de recherche en neurosciences de Lyon. Son livre explique ce qui se passe réellement dans votre tête quand vous « vous concentrez », pourquoi vous décrochez au bout de quatre-vingt-dix secondes, et comment fonctionne le fameux lâcher-prise dont tout le monde parle sans jamais le définir.
Il a écrit une suite plus accessible, Le cerveau funambule (Odile Jacob, 2015), qui va droit au but sur la distraction et la stabilité attentionnelle.
Ce que j’y ai trouvé et que je n’ai lu nulle part ailleurs dans notre domaine : une description sérieuse de ce qui se passe au moment où l’attention bascule dans l’effort crispé. C’est exactement le point où les pratiquants se bloquent, et c’est ce que je ne cesse de répéter, comme dans mon article sur l’illusion du pouvoir. Plus vous forcez, moins ça fonctionne. Lachaux, lui, explique le mécanisme avec des données.
Et un vrai livre de méditation, au choix
Je ne vais pas vous faire un cours ici, mais la méditation reste le socle. Si vous n’en avez jamais fait, Où tu vas, tu es de Jon Kabat-Zinn (disponible en poche chez J’ai Lu) est un classique très abordable. Peu importe le titre exact, ce qui compte c’est que ce soit un ouvrage de pratique et non un essai philosophique de trois cents pages sur la nature de l’esprit.
Pourquoi ces deux titres valent mieux qu’un chapitre « 10 exercices »
Un chapitre d’exercices vous donne une liste. Un livre sur l’imagerie mentale ou sur l’attention vous donne un mécanisme. Et avec un mécanisme, vous pouvez adapter, corriger, diagnostiquer pourquoi une séance a mal tourné.
C’est une différence énorme sur le long terme. La liste vous rend dépendant de la liste. Le mécanisme vous rend autonome.
Vous avez lu. Et maintenant ?
C’est exactement là que la plupart des lecteurs bloquent : ils ont compris la théorie, mais personne ne leur dit quoi faire ensuite. La Formation Psytheos donne l’ordre des exercices, les durées, la posture, le déclencheur, et les protocoles anti-illusion sous bocal en verre pour savoir si le mouvement vient bien de vous.
De nombreux pratiquants ont commencé avec ce protocole.
Rayon 3 : les ouvrages qui vous empêchent de vous raconter des histoires
Je sais, ce rayon-là n’est pas le plus agréable. Beaucoup de pratiquants le sautent volontairement. C’est une erreur, et je pèse mes mots.
Parce que si vous ne savez pas comment on truque un effet, vous ne pouvez pas savoir si le vôtre est authentique. C’est aussi simple que ça.
Georges Charpak et Henri Broch, Devenez sorciers, devenez savants (Odile Jacob, 2002)

Charpak est prix Nobel de physique 1992, physicien au CERN. Broch dirigeait le laboratoire de zététique de l’université de Nice. Le livre a été traduit en treize langues et il est devenu un best-seller.
Ce que vous y trouvez : le démontage méthodique de nombreuses démonstrations « impossibles », avec les techniques employées. Ils expliquent notamment comment reproduire soi-même certains effets, ce qui est infiniment plus formateur que de lire une critique abstraite.
Mon avis personnel : je ne suis évidemment pas d’accord avec leur conclusion générale, puisque je pratique et que j’enseigne. Mais ce livre m’a rendu meilleur. Il m’a donné les réflexes qui font que, aujourd’hui, quand une roue psi part à toute vitesse dès que j’approche la main, mon premier réflexe n’est pas de crier victoire mais de me demander si je n’ai pas simplement chargé mes mains en électricité statique.
Franchement, si tous les pratiquants lisaient ce bouquin, il y aurait beaucoup moins de vidéos ridicules sur les réseaux sociaux. Et beaucoup moins de gens découragés après avoir découvert qu’ils s’étaient bercés d’illusions pendant six mois.
Du même auteur, Henri Broch a également signé Le paranormal (Seuil, 1989) et Sorciers, gourous et savants (Odile Jacob, 2006).
James Alcock, Parapsychologie : science ou magie (Flammarion, 1992)

Alcock est psychologue, professeur à l’université York de Toronto, et l’un des critiques les plus argumentés du domaine. Contrairement à beaucoup de sceptiques de plateau télé, il connaît réellement la littérature qu’il critique.
Ce que j’apprécie chez lui : il ne se contente pas de dire « c’est faux ». Il attaque la méthodologie, point par point. C’est fatigant à lire quand on pratique, mais c’est formateur.
Bertrand Méheust, la réponse à Charpak

Et là je vous donne une petite pépite que très peu de gens connaissent. Deux ans après Devenez sorciers, devenez savants, le sociologue et philosophe Bertrand Méheust a publié Devenez savants : découvrez les sorciers. Lettre à Georges Charpak (Dervy, 2004).
C’est une réponse point par point, argumentée, écrite par quelqu’un qui a passé des années dans les archives du magnétisme et du somnambulisme. Méheust est par ailleurs l’auteur de Somnambulisme et médiumnité, une somme en deux volumes qui fait autorité.
Lisez les deux à la suite. Vraiment. C’est l’exercice intellectuel le plus utile que je connaisse sur ce sujet. Vous en ressortirez avec une opinion beaucoup plus solide que celle que vous aviez en entrant, quelle qu’elle soit.
Ma règle du « contre-livre »
Voici une habitude que j’ai prise il y a longtemps et que je recommande à tout le monde : pour chaque ouvrage qui va dans votre sens, lisez-en un qui vous contredit.
Ce n’est pas de la coquetterie. C’est du confort de pratique. Parce que le jour où votre beau-frère vous sort l’argument classique du courant d’air, vous ne serez pas déstabilisé : vous y aurez déjà pensé avant lui, et vous aurez éliminé la cause depuis longtemps.
D’ailleurs, un détail qui m’amuse toujours. Beaucoup de sceptiques accusent les pratiquants de cacher un aimant pour faire tourner une pyramide en aluminium. Le problème, c’est que l’aluminium n’est pas magnétique. Ça fonctionne dans les deux sens : lire ses contradicteurs sert aussi à repérer quand ils racontent n’importe quoi.
Les ouvrages les plus vendus… et ce qu’ils valent vraiment
Passons maintenant à ce que vous allez réellement trouver si vous cherchez un livre de télékinésie dans une librairie en ligne. Au moment où j’écris ces lignes, une recherche sur Amazon.fr en catégorie Livres renvoie environ 165 résultats. Et il faut être lucide : l’écrasante majorité est auto-éditée.
Ce n’est pas un jugement de valeur sur l’auto-édition en soi. C’est un constat sur ce que ça implique : aucun comité de lecture, aucune vérification, aucun éditeur pour dire « votre chapitre 4 n’a aucune source ».
Luc Bodin, Développez vos talents subtils (Guy Trédaniel, 2021) : mon avis

C’est le titre le mieux positionné, et le seul vrai livre édité, en français, dont le sommaire aborde explicitement notre sujet aux côtés de l’intuition, de la clairvoyance et de la télépathie. 250 pages, environ 20 €, et de très bonnes notes de lecteurs.
Luc Bodin est ancien médecin, diplômé en cancérologie clinique, et auteur de nombreux ouvrages de santé naturelle et de développement personnel.
Mon avis honnête : c’est un livre de développement personnel à orientation spirituelle, pas un manuel d’entraînement. Vous y trouverez une vision d’ensemble et un ton bienveillant, ce qui a de la valeur pour beaucoup de gens. Mais vous n’y trouverez ni protocole anti-illusion, ni référence expérimentale, ni discussion des causes physiques banales. Le chapitre qui nous concerne représente une petite partie de l’ensemble.
Pour qui : quelqu’un qui veut un panorama des facultés dites subtiles dans un cadre spirituel. Pas pour : quelqu’un qui veut vérifier si son objet a bougé pour de bonnes raisons.
Vincent de Tarlé : le journal d’apprentissage sauve le livre

Son ouvrage auto-édité, sorti en 2021, se vend autour de 17 € en broché. Il est construit en deux parties : une méthode, puis le journal d’apprentissage de l’auteur.
Ce que j’ai aimé : la seconde partie, sincèrement. Documenter sa propre progression, séance après séance, avec les échecs et les stagnations, c’est rare et c’est précieux. C’est même exactement ce que je conseille à tous mes lecteurs de faire dans un carnet.
Ce qui me fait décrocher : le sous-titre annonce « torsion, téléportation et manipulation climatique ». Et là, je ne peux pas suivre. La téléportation et l’influence sur la météo ne reposent, à ma connaissance, sur strictement aucune observation documentée, même dans la littérature parapsychologique la plus favorable. Annoncer ça sur une couverture, c’est promettre l’inatteignable à des débutants qui n’ont pas encore fait tourner une feuille de papier.
Résultat : un livre à deux vitesses. La partie journal a un vrai intérêt documentaire, la partie promesse dessert complètement le propos. D’ailleurs le livre focalise majoritairement le sujet sur la religion chrétienne.
La vague des guides à 2,99 € sur liseuse
Là, je vais être direct : je n’en recommande aucun. Pas un seul.
Vous les reconnaîtrez facilement. Des titres du genre « Maîtriser la télékinésie : un guide sacré », « Réveille ton pouvoir énergétique », des versions françaises et anglaises du même contenu, des auteurs dont le nom ne renvoie à aucune existence vérifiable, parfois même un pseudonyme complet. Une trentaine à cinquante pages. Une couverture manifestement générée. Et un prix cassé, parce que le modèle économique repose sur le volume, pas sur la qualité.
Le contenu, quand on l’ouvre, c’est presque toujours le même : la définition Wikipédia reformulée, l’exercice de la roue psi recopié depuis un forum, une pincée de vocabulaire quantique posée là pour faire savant, et zéro mention des causes banales de mouvement.
Et depuis deux ans, avec les outils de rédaction automatique, le phénomène s’est franchement aggravé. On voit apparaître des séries entières signées du même nom, sur douze sujets différents, publiées à quelques semaines d’intervalle. C’est le même problème que celui que je décris à propos des faux experts sur les réseaux sociaux, simplement transposé au format livre.
Alors comment trier ? J’ai une méthode, et elle tient en trois minutes.
Ma grille pour juger un livre en 3 minutes
Cette grille, je l’utilise autant en librairie que sur la fiche produit d’un site marchand. Elle m’a évité un nombre considérable d’achats inutiles.

Concrètement, voici l’ordre dans lequel je regarde les choses :
- La dernière page. Je vais directement à la fin. S’il n’y a pas de bibliographie datée, avec des noms de chercheurs et des années, le livre repart sur l’étagère. C’est mon test le plus rapide et le plus efficace.
- La quatrième de couverture. Une promesse chiffrée du type « résultats en 7 jours » est un signal d’alarme absolu. Personne de sérieux ne peut promettre un délai, parce que personne ne progresse au même rythme.
- L’auteur. Y a-t-il un nom réel, un parcours vérifiable, un moyen de le contacter ? Un pseudonyme sans aucune trace ailleurs, c’est non.
- L’éditeur. Une maison avec un catalogue derrière elle a filtré quelque chose. Ce n’est pas une garantie absolue, mais c’est un premier tamis.
- La recherche du mot « échec ». Sur une liseuse, j’utilise la fonction recherche. Si un livre décrit une pratique sans jamais évoquer une seule séance ratée, c’est de la publicité, pas un témoignage.
- La recherche des mots « courant d’air », « statique », « convection ». Un ouvrage qui parle de faire bouger des objets légers et qui n’aborde jamais ces trois causes n’a pas fait son travail. Point.
- Le nombre de pages. En dessous de 60 pages sur un sujet pareil, on est dans le résumé de résumé.
Trois feux rouges, je repose. C’est ma limite, elle est arbitraire, mais elle fonctionne très bien.
Où trouver ces ouvrages (dont plusieurs gratuitement et légalement)
Une bonne partie des titres cités plus haut est épuisée depuis vingt, trente, parfois cent ans. Ce n’est pas un problème, il faut juste savoir où chercher.

Le gratuit, et parfaitement légal

- Gallica, la bibliothèque numérique de la BnF. Les classiques d’avant 1930 y sont intégralement numérisés et téléchargeables. Le Traité de métapsychique de Charles Richet, prix Nobel de médecine 1913, publié en 1922, s’y trouve en accès libre. C’est un monument, et ça ne vous coûte rien.
- Internet Archive. Prêt numérique gratuit sur inscription. On y trouve notamment Mind Over Matter de Louisa Rhine, Conjuring Up Philip, et le manuel d’Irwin et Watt.
- La Psi Encyclopedia de la Society for Psychical Research. Ce n’est pas un livre, mais des notices académiques sourcées, rédigées par des chercheurs, en accès libre. La SPR a été fondée à Londres en 1882.
- La bibliothèque de l’Institut Métapsychique International, à Paris. Environ 6 000 volumes, unique en France, plus d’un siècle d’archives. Si vous habitez la région parisienne et que le sujet vous passionne vraiment, c’est un endroit à connaître.
L’occasion, le meilleur rapport qualité-prix
Pour tout ce qui est épuisé, les plateformes de livres anciens type AbeBooks ou Livre Rare Book restent les plus fournies. Pour les titres plus courants, Recyclivre, Momox ou Rakuten font très bien l’affaire.
Un conseil pratique : créez une alerte mail sur les titres précis qui vous manquent, puis oubliez-les. J’ai récupéré des ouvrages introuvables pendant deux ans, simplement parce qu’un exemplaire est réapparu un matin à 8 €. La patience paie beaucoup plus que la recherche compulsive.
Et n’oubliez pas les brocantes et les Emmaüs. Les collections Tchou des années 70, celles qui contiennent les titres les plus rares, y traînent régulièrement pour trois fois rien.
Et les « PDF gratuits » qui circulent partout ?
Je vais vous le dire comme je le pense : je vous les déconseille très fortement, et pas seulement pour des raisons légales.
Ces fichiers sont presque toujours des scans tronqués, avec une reconnaissance de caractères catastrophique, des chapitres manquants et des tableaux illisibles. Sur un sujet où la précision d’une phrase change tout, c’est un vrai problème. Vous croyez avoir lu le livre alors que vous avez lu la moitié d’une mauvaise copie.
Ajoutez à cela que ces plateformes sont un nid à fichiers vérolés, et vous avez toutes les raisons de passer par Gallica, Internet Archive ou l’occasion. Ça vous coûtera entre 0 et 10 €, et vous aurez le texte complet.
Le récapitulatif complet, en un seul tableau
Pour que vous n’ayez pas à remonter tout l’article, voici l’ensemble de ma sélection réunie. Les prix sont des ordres de grandeur constatés, pas des tarifs officiels.
| Ouvrage | Rayon | Niveau | Disponibilité |
|---|---|---|---|
| Wallon, Le paranormal (PUF) | Comprendre | Débutant | Neuf, ~10 € |
| Radin, La conscience invisible (J’ai Lu) | Comprendre | Débutant / intermédiaire | Poche, occasion facile |
| Evrard, Enquête sur 150 ans de parapsychologie (Trajectoire) | Comprendre | Intermédiaire | Neuf, ~20 € |
| Broughton, Parapsychologie, une science controversée (Le Rocher) | Comprendre | Intermédiaire | Occasion |
| Varvoglis, La rationalité de l’irrationnel (InterEditions) | Comprendre | Intermédiaire | Épuisé, occasion 10 à 25 € |
| Jahn & Dunne, Aux frontières du paranormal (Le Rocher) | Comprendre | Avancé | Épuisé, occasion |
| Pérot, L’effet PK (Tchou) et Bender, L’Univers de la parapsychologie (Dangles) | Comprendre | Avancé | Épuisés, à chercher d’occasion |
| Irwin & Watt, An Introduction to Parapsychology | Comprendre | Universitaire, anglais | Neuf ou Internet Archive |
| Braude, The Limits of Influence | Comprendre | Avancé, anglais | Occasion |
| Hasted, The Metal-Benders | Comprendre | Avancé, anglais | Épuisé, occasion |
| Owen & Sparrow, Philip, le fantôme | Comprendre | Tous niveaux | Épuisé, ou VO sur Internet Archive |
| Guillot, Les pouvoirs insoupçonnés de la visualisation (Solar) | Entraîner | Tous niveaux | Neuf |
| Lachaux, Le cerveau attentif (Odile Jacob) | Entraîner | Tous niveaux | Neuf, poche |
| Charpak & Broch, Devenez sorciers, devenez savants (Odile Jacob) | Douter | Tous niveaux | Neuf, poche |
| Alcock, Parapsychologie : science ou magie (Flammarion) | Douter | Intermédiaire | Épuisé, occasion |
| Méheust, Devenez savants : découvrez les sorciers (Dervy) | Douter | Intermédiaire | Occasion |
| Richet, Traité de métapsychique (1922) | Comprendre | Historique | Gratuit sur Gallica |
Vous n’avez évidemment pas besoin des dix-sept. Trois suffisent largement pour démarrer : un par rayon. Et si je devais n’en garder que trois pour quelqu’un qui part de zéro, ce serait Wallon, Guillot et Charpak-Broch. Dans cet ordre.
Mon ordre de lecture sur 90 jours
On me demande souvent par quoi commencer et dans quel ordre. Voici le parcours que je donne, et il est volontairement lent.

Jours 1 à 15 : poser le décor
Un seul ouvrage de compréhension. Wallon si vous voulez du court, Radin si vous voulez du dense. Et vous ouvrez votre carnet le jour même, pas quand vous aurez fini le livre.
Le rythme : vingt pages, puis dix minutes de pratique dans la foulée. Jamais l’inverse. Souvenez-vous de ce que dit la recherche sur la pratique mentale : plus le délai entre l’apprentissage et l’action s’allonge, plus le bénéfice s’évapore.
Jours 16 à 45 : muscler l’outil
Vous passez au rayon 2. Guillot pour l’imagerie mentale, ou Lachaux pour l’attention, selon ce qui vous manque le plus. Si vous décrochez au bout de deux minutes de concentration, prenez Lachaux. Si vous tenez la durée mais que votre image mentale est floue, prenez Guillot.
Dans le carnet, vous notez trois choses seulement : la durée, l’heure, l’état mental de départ. Pas d’interprétation, pas de commentaire enthousiaste. Des faits.
Jours 46 à 90 : se contredire
Charpak et Broch, lu en entier. Puis, et c’est le moment le plus intéressant, vous relisez votre carnet des six semaines précédentes avec ce nouveau regard.
Vous barrez tout ce qui a une explication banale : la fenêtre entrouverte, le radiateur, les mains qui viennent de sortir d’une poche en polaire, le passage d’un camion dans la rue. Ce qui reste après ce nettoyage, c’est votre vraie base de travail.
Je vous préviens, ce moment fait mal la première fois. Beaucoup de pratiquants barrent 80 % de leurs notes. Mais les 20 % qui restent valent infiniment plus que les cent pages de départ.
La règle qui change tout : jamais deux livres en même temps. Un chapitre, une séance, une ligne dans le carnet. Et on recommence.
Les 5 erreurs que je vois le plus souvent chez les lecteurs
Après des centaines d’échanges en commentaires et par mail, ces cinq-là reviennent en boucle.
- Collectionner au lieu de pratiquer. C’est de très loin la plus répandue. Six livres achetés, zéro séance faite. La lecture devient un refuge très confortable contre la frustration de l’objet qui ne bouge pas.
- Ne lire que ce qui conforte. Vous finissez avec une bibliothèque parfaitement cohérente… et une pratique fragile, incapable de résister à la première objection sérieuse.
- Prendre un livre pour un protocole. Un chapitre décrit une idée générale. Une séance demande une durée, une posture, une distance, un ordre, un critère d’arrêt. Ce n’est pas le même niveau de précision, et presque aucun ouvrage ne descend jusque-là.
- Confondre auteur et autorité. Le fait qu’un texte soit imprimé et relié ne lui donne aucune valeur particulière. Aujourd’hui, publier coûte zéro euro. Vérifiez toujours qui écrit, et d’où il parle.
- Ne rien noter. Sans carnet, votre mémoire va reconstruire vos séances à sa convenance, en gardant les bonnes et en effaçant les autres. C’est humain, c’est automatique, et ça fausse tout.
Ce que je n’ai jamais réussi à trouver dans un livre
Je termine par une note un peu plus personnelle, parce que c’est exactement ce qui m’a poussé à créer Psytheos.
J’ai découvert cette discipline à 14 ans. J’ai lu beaucoup, vraiment beaucoup, pendant des années. Et il y a quatre choses que je n’ai jamais trouvées dans un ouvrage, quel qu’il soit :
- Un retour sur ma séance à moi. Un livre ne peut pas regarder votre vidéo et vous dire « là, votre main était trop près, et vous avez soufflé sans vous en rendre compte ».
- Un ordre de progression clair. Quand passe-t-on de la pyramide au crayon ? Sur quel critère ? Aucun bouquin ne le dit, parce qu’aucun bouquin ne sait où vous en êtes.
- Un protocole de vérification détaillé. Le test sous bocal en verre est mentionné ici et là, mais jamais décrit pas à pas avec les erreurs classiques à éviter.
- Quelqu’un à qui poser une question à 23 h. Celle qui vous empêche de dormir parce que vous ne savez pas si ce que vous avez vu était réel.
Ce n’est pas un reproche aux auteurs, hein. C’est simplement la limite du format. Un livre est un monologue. La progression, elle, demande un aller-retour.
Alors mon conseil final, et il est très simple : achetez deux ou trois livres de cette liste, un par rayon. Lisez-les lentement. Pratiquez en parallèle. Notez tout. Et si au bout de trois mois vous sentez que vous tournez en rond malgré tout ce que vous avez lu, c’est probablement qu’il ne vous manque pas un livre de télékinésie de plus, mais un cadre.
Vous avez lu, mais rien ne bouge ?
C’est le moment où un livre atteint sa limite. La Formation Psytheos vous donne ce qu’aucun ouvrage ne peut donner : plus de 30 exercices guidés dans le bon ordre, les protocoles anti-illusion sous bocal en verre, les critères pour savoir quand passer à l’étape suivante, et un support pour poser vos questions.
De nombreux pratiquants ont commencé avec ce protocole.
Et vous, quel a été votre premier achat sur le sujet ? Une pépite dénichée en brocante, ou un guide à 3 € que vous avez regretté dès la page 10 ? J’adore quand les lecteurs partagent leurs trouvailles sur Psytheos, alors racontez-moi ça en commentaire au bas de cette page. Je réponds personnellement à tout le monde, et vos recommandations serviront aux prochains lecteurs.
Si vous souhaitez maintenant passer à la pratique, l’ensemble de mes exercices gratuits est regroupé au même endroit, et la section initiation vous donne l’ordre dans lequel les aborder. Pour ceux qu’intéresse le versant thermique, j’ai également détaillé les études sur le tummo et la méthode Wim Hof dans mon article dédié à la pyrokinésie, avec sa propre bibliographie.
Questions fréquentes à propos des livres sur le sujet
Existe-t-il un livre qui apprend vraiment à déplacer un objet ?
Non, et méfiez-vous de tout ouvrage qui le promet sur sa couverture. Un livre de télékinésie peut vous transmettre la compréhension, le vocabulaire, l’histoire, les précautions et des principes d’entraînement mental. Il ne peut ni observer votre séance, ni corriger votre posture, ni vous dire si le mouvement que vous avez vu hier soir venait de vous ou d’un radiateur. C’est la limite structurelle du format, pas un défaut des auteurs.
Quel livre choisir quand on part totalement de zéro ?
Le paranormal de Philippe Wallon, dans la collection « Que sais-je ? » des PUF. 128 pages, une dizaine d’euros, écrit par un chercheur. Vous le lisez en deux soirées et vous avez déjà une base solide. Si vous accrochez, vous passez ensuite à Dean Radin pour les données expérimentales.
Faut-il obligatoirement lire en anglais ?
Pas obligatoirement, mais il faut être honnête : l’essentiel du fonds sérieux sur l’action de l’esprit sur la matière n’a jamais été traduit. Le manuel d’Irwin et Watt, l’ouvrage de Braude et celui de Hasted n’existent qu’en anglais. Avec un niveau scolaire correct et un dictionnaire, c’est tout à fait faisable, d’autant que ces textes sont écrits dans une langue académique, donc régulière et sans expressions idiomatiques piégeuses.
Combien de livres faut-il lire avant de commencer à pratiquer ?
Zéro. Vous pouvez faire votre première séance ce soir avec une feuille de papier et une aiguille. La lecture sert à comprendre ce que vous vivez, pas à obtenir une autorisation de commencer. D’ailleurs, les lecteurs qui progressent le mieux sont ceux qui lisent pendant qu’ils pratiquent, jamais ceux qui attendent d’avoir « tout compris » avant de s’asseoir devant un objet.
Les guides vendus quelques euros en format numérique valent-ils le coup ?
Dans l’immense majorité des cas, non. Appliquez ma grille : allez à la dernière page chercher une bibliographie, vérifiez l’existence réelle de l’auteur, et cherchez le mot « échec » dans le texte. Un guide qui ne mentionne jamais une séance ratée ni les causes banales de mouvement, comme les courants d’air, la convection thermique ou l’électricité statique, ne vous apprendra rien d’utile.
Les romans et la fiction ont-ils un intérêt pour un pratiquant ?
Pour le plaisir, absolument. Carrie ou Charlie de Stephen King sont d’excellents romans. Pour la pratique, en revanche, ils font surtout des dégâts : ils installent des attentes spectaculaires qui n’ont rien à voir avec la réalité d’une séance, où l’on cherche un frémissement de quelques degrés sur une feuille d’aluminium. Lisez-les en sachant que c’est de la fiction, et rien d’autre.
Où consulter ces ouvrages sans les acheter ?
Gallica pour tout ce qui est antérieur à 1930, Internet Archive pour le prêt numérique gratuit, la Psi Encyclopedia de la Society for Psychical Research pour des notices académiques en accès libre, et la bibliothèque de l’Institut Métapsychique International à Paris, qui conserve environ 6 000 volumes. Évitez en revanche les « PDF gratuits » des sites de partage : outre l’illégalité, ce sont presque toujours des scans incomplets et mal océrisés.
Sources, références et niveaux de fiabilité
Comme sur tous mes contenus, je vous donne mes sources classées par niveau de fiabilité méthodologique. À vous de décider ensuite du poids que vous accordez à chacune.
1. Études publiées avec comité de lecture (sciences cognitives et apprentissage)
- Rozenblit, L. & Keil, F. (2002). « The misunderstood limits of folk science: an illusion of explanatory depth ». Cognitive Science, 26(5), 521-562. → L’étude fondatrice sur l’illusion de profondeur explicative.
- Driskell, J. E., Copper, C. & Moran, A. (1994). « Does mental practice enhance performance? ». Journal of Applied Psychology, 79(4), 481-492. → Méta-analyse sur la pratique mentale : effet positif, modéré par le type de tâche et le délai.
- Ericsson, K. A., Krampe, R. T. & Tesch-Römer, C. (1993). « The role of deliberate practice in the acquisition of expert performance ». Psychological Review, 100(3), 363-406. → Le rôle du retour d’information dans l’acquisition d’une compétence.
- Bösch, H., Steinkamp, F. & Boller, E. (2006). « Examining psychokinesis: The interaction of human intention with random number generators. A meta-analysis ». Psychological Bulletin, 132(4), 497-523. → Méta-analyse de 380 études. Effet global significatif, mais les auteurs concluent qu’un biais de publication en reste l’explication la plus économique. À lire en regard des ouvrages de Radin.
2. Ouvrages recommandés dans cet article (édition de référence)
- Radin, D. La conscience invisible. Le paranormal à l’épreuve de la science. Presses du Châtelet, 2000 ; réédition J’ai Lu, coll. « L’aventure secrète », 2006.
- Jahn, R. & Dunne, B. Aux frontières du paranormal. Éditions du Rocher, 1991. Suite en anglais : Consciousness and the Source of Reality: The PEAR Odyssey, ICRL Press, 2011.
- Varvoglis, M. La rationalité de l’irrationnel. Une introduction à la parapsychologie scientifique. InterEditions, 1992.
- Evrard, R. Enquête sur 150 ans de parapsychologie. La légende de l’esprit. Trajectoire, 2016. Prix du livre de la Parapsychological Association 2017.
- Wallon, P. Le paranormal. PUF, coll. « Que sais-je ? ».
- Broughton, R. S. Parapsychologie, une science controversée. Le Rocher, 1995.
- Bender, H. Télépathie, Clairvoyance, Psychokinèse. Alsatia, 1980 (cité par l’IMI, introuvable en pratique). Édition réellement disponible : L’Univers de la parapsychologie, Dangles, coll. « Horizons psi », 1976.
- Pérot, R. L’effet PK ou l’action de l’esprit sur la matière. Tchou, 1977.
- Irwin, H. J. & Watt, C. An Introduction to Parapsychology, 5e éd. McFarland, 2007.
- Braude, S. E. The Limits of Influence: Psychokinesis and the Philosophy of Science. Routledge & Kegan Paul, 1986.
- Hasted, J. The Metal-Benders. Routledge & Kegan Paul, 1981.
- Owen, I. & Sparrow, M. Conjuring Up Philip: An Adventure in Psychokinesis. Harper & Row, 1976. Édition française : Philip, le fantôme, Québec/Amérique, 1979.
- Rhine, L. E. Mind Over Matter: Psychokinesis. Macmillan, 1970.
- Guillot, A. Les pouvoirs insoupçonnés de la visualisation. Manuel ultime de préparation mentale intégrée des sportifs. Solar, 2024.
- Lachaux, J.-P. Le cerveau attentif. Contrôle, maîtrise et lâcher-prise. Odile Jacob, 2011 ; Le cerveau funambule, Odile Jacob, 2015.
- Charpak, G. & Broch, H. Devenez sorciers, devenez savants. Odile Jacob, 2002.
- Broch, H. Le paranormal. Seuil, 1989 ; Sorciers, gourous et savants. Odile Jacob, 2006.
- Alcock, J. Parapsychologie : science ou magie. Flammarion, 1992.
- Méheust, B. Devenez savants : découvrez les sorciers. Lettre à Georges Charpak. Dervy, 2004.
- Bodin, L. Développez vos talents subtils. Guy Trédaniel, 2021.
- Richet, C. Traité de métapsychique. Félix Alcan, 1922. Consultable gratuitement sur Gallica.
3. Institutions et ressources de référence
- Institut Métapsychique International, bibliographie conseillée. Une sélection de cent titres en français, classée par approche. C’est la source qui m’a permis de retrouver les deux titres francophones centrés sur la psychokinèse.
- Psi Encyclopedia, Society for Psychical Research, fondée à Londres en 1882.
- Gallica, bibliothèque numérique de la Bibliothèque nationale de France.
- Internet Archive, prêt numérique gratuit.
- Koestler Parapsychology Unit, université d’Édimbourg.
4. Mon avis sur cette grille de lecture
Aucun des ouvrages cités ici ne constitue une preuve. Ce sont des sources d’inégale valeur, que je vous donne classées pour que vous puissiez juger vous-même. Certaines sont universitaires, d’autres militantes, d’autres franchement datées.
Ce que je retiens, moi, après des années à lire tout ça : la littérature honnête est infiniment moins spectaculaire que ce que les couvertures promettent, et infiniment plus riche. Vous n’y trouverez pas de secret. Vous y trouverez un cadre, des précautions, et de quoi arrêter de vous mentir. Pour un pratiquant, c’est déjà énorme.
Crédits visuels : les couvertures reproduites dans cet article restent la propriété de leurs éditeurs respectifs et sont présentées à titre d’illustration bibliographique. La page de titre du Traité de métapsychique de Charles Richet provient de Gallica (BnF) et appartient au domaine public.



